Fast and furious 7

Un nouveau rapide et furieux c’est toujours un évènement, mais quand en plus c’est le dernier de Paul Walker et potentiellement (je l’espère en tout cas) le dernier tout court…

Et bien les mecs, vous n’allez pas être déçus: ce septième opus est le parfait mélange entre l’action pure du cinquième et la recette initiale, à savoir tuning (les bonnes vieilles japonaises, mais aussi toutes les supercars du moment et même une bonne grosse promo de l’hypercar libanaise Lykan), gros rap US (Tyga, Lil Jon, Whiz Khalifa, etc), drag races et petits culs.

Vous ne serez pas non plus déphasés par les cascades: encore plus que dans les deux films précédents (si si, c’est possible), le réalisme et les lois de la physique se retournent dans leurs tombes: je ne veux pas vous ôter le plaisir de découvrir ces nombreuses petites perles (les voitures qui sautent en parachute étant déjà dans la bande-annonce), mais je peux vous dire qu’il y a du soulevage de voiture à mains nues et des chutes non mortelles de falaises.

En terme de gros loulous badass, on a toujours le grand The Rock mais aussi…Monsieur Statham, le transporteur ! Autant vous dire que quand ces deux-là décident de s’expliquer…ça finit à l’hôpital. Évidemment on retrouve toute notre petite bande adorée, avec notamment la caution humour alias Tyrese Gibson et Michelle Rodriguez…qui joue toujours aussi mal. Vraiment, vraiment mal. En bref il ne manque que Tom Hardy et Stallone, et toute la testostérone d’Hollywood serait dans ce film !

Mais le vrai morceau dans ce film, ce qui pourrait faire pleurer même Danny Trejo, c’est Paul…l’utilisation de ces frères sur le tournage et surtout beaucoup d’effets spéciaux ont réussi à combler les quelques scènes non tournées au jour de son tragique décès. Et pour tout vous dire, pas une seule fois dans le film je n’ai vu « le truc »: tout bonnement bluffant. Le film, comme un dernier hommage, offre une fin manifestement modifiée suite à la disparition de Brian O’Conner et qui sans surprise m’a fait chialer comme une fillette.

 

Cette saga, et je choisis volontairement d’en parler comme si elle était finie, est une grande saga. Ce n’est évidemment pas du grand cinéma mais j’ai grandi avec ces films; ils résonnaient avec mes premiers jeux-vidéos, Need for speed Undergroud entre autres, m’ont fait découvrir des rappeurs américains, et tomber amoureux des belles mécaniques…

Cette saga s’est achevée avec Paul, tout film qui sortira sous ce même nom sera une insulte à sa mémoire. Alors restons-en là.

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Le dernier loup

Naïf et stupide que je suis d’avoir cherché mon bonheur chez Burton ou Michael Mann, alors que la pépite du moment était bien de chez nous.

Jean-Jacques Annaud est un génie, quoiqu’il entreprenne. Alors quand il s’en prend au livre Le totem du loup, le deuxième plus vendu en Chine après le fameux petit livre rouge (plus de vingt millions d’exemplaires tout de même), il faut s’attendre à du très lourd. Et je n’ai pas été déçu.

Le premier héros et atout majeur de ce film, ce n’est pas une surprise, c’est la steppe mongole. La Mongolie fait partie, avec l’Islande et l’Alaska, de ces terres sauvages qui ont toujours exercé sur moi une attraction presque surréelle. Avec ce film j’en ai pris plein les yeux, grâce notamment à la sublissime photographie de Jean-Marie Dreujou (acolyte d’Annaud, notamment sur Deux frères).

Le deuxième héros, c’est le loup. Cet animal noble et fier, d’une intelligence incommensurable; le roi de la steppe. Ces bêtes sont d’une beauté telle que chaque plan sur eux vous met une énorme claque; la profondeur de leurs yeux est intrigante. La performance de dressage, absolument hallucinante, a dû nécessiter un travail dont je n’ose imaginer l’ampleur (plus de trois ans de dressage, sur les sept ans de préparation du film !).

Troisième intérêt de ce film, apporter un éclairage sur une période historique parfaitement ignorée par les programmes scolaires français: l’envoi par le gouvernement, à la suite de la deuxième révolution culturelle chinoise, de jeunes instruits (ou zhiqing) dans les campagnes afin d’y alphabétiser les populations (avec évidemment d’autres buts moins avouables de la part de Mao). Ce déracinement autoritaire a marqué près de 17 millions de chinois et profondément bouleversé la société. Pourtant je n’en savais rien avant ce film…

N’oublions pas qu’il s’agit bien d’un film, alors reprenons notre fil « classique ». Le casting, naturellement composé d’inconnus (dont je ne sais d’ailleurs même pas s’ils sont chinois ou mongols), est bouleversant de sincérité et vous volera à n’en pas douter une larme ou deux. La musique, signée James Horner s’il vous plaît, est efficace et sans fioriture. Unique regret, la disponibilité de la seule VF dans la grande majorité des cinémas français, qui enlève un peu de son authenticité à ce film qui pour une fois n’est pas américain.

 

En bref une version grandiose et « lupine » de Belle et Sébastien, qui vous laissera rempli d’émotion et de belles images.

PS: oui oui, une coproduction franco-chinoise alors que Sept ans au Tibet est toujours interdit en Chine…

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Hacker

Je me souviendrai toujours de cette semaine noire: après Tim Burton, je perds Michael Mann. Oui le réalisateur de Heat, Le dernier des mohicans et Ali, peut-être trois des mes 20 ou 25 films préférés, est décédé à mes yeux en ce vendredi 20 mars 2015.

Tout commence par une séquence: on se balade à l’échelle macroscopique, puis microscopique, dans des circuits imprimés jusqu’à voir les influx électriques. Pas trop mal fichu, pourquoi pas; seulement quand cela revient dans le film, ça devient lourd. Et tout est lourd dans ce film.

Le scénario tout d’abord, est tout simplement absent: un chimpanzé attardé a écrit la première heure et demie, puis il y a un léger twist (« Dingue, un truc que je n’avais pas prédit depuis les cinq premières minutes ! »), puis un gorille énervé prend le relais jusqu’à une scène finale qui se veut stylisée mais qui est juste chiante à mourir. Ah j’oubliais, tout ça est filmé caméra à l’épaule: mais pas celle qui immerge, celle qui fait bien gerber vous voyez ?

Et le casting…mon dieu. Donner le rôle principal, c’est-à-dire celui d’un hacker de génie sorti du MIT et potentiellement capable de renverser le monde à…Chris Hemsworth ?! Je ne suis peut-être qu’un jaloux de ses pecs, mais il ne porte pas l’intelligence sur son visage…il n’est pas Thor pour rien. Et en plus de ça il joue mal… Le reste du casting? Que des purs inconnus…avouez que pour un Michael Mann, c’était déjà louche: les bons acteurs ont sûrement fui ce scénar’ comme la peste.

Vous voyez les aberrations techniques qui sautent aux yeux, a fortiori quand vous passez un très mauvais moment ? Et bien ce film en regorge: un mec qui parle au téléphone, sans hausser le ton, dans un put**n d’hélicoptère alors que deux secondes avant il parlait dans son casque; une chinoise génie de l’informatique,  fraîchement sortie du MIT ou d’une grande université américaine, qui parle anglais comme un immigré mexicain dès qu’elle s’adresse au héros; mais surtout la totalité de ce qui touche à l’explosion nucléaire, où l’on baigne dans un n’importe quoi rarement égalé.

 

Histoire d’amour planplan et inutile, absence de scénario, acteurs nullissimes et acteur star inapproprié: ce film est une catastrophe industrielle, et le prouve déjà au box office mondial.

Jamais de ma vie je n’aurais pensé dire cela d’un Michael Mann, mais ce film est une merde intersidérale.

Je n’ai plus qu’à prier pour qu’Un homme idéal sauve cette semaine pourrie.

PS: Vous voulez un bon film d’action et de hacking? Rematez Die Hard 4.

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Big Eyes

Le retour du vieillissant Tim Burton à des films de génie? Longtemps qu’on ne l’attend plus, et la bande-annonce était assez éloquente de vacuité pour nous ôter tout doute. Retour à des films de qualité au moins? Pas pour cette fois.

Le « label » histoire vraie, a fortiori quand elle est connue du grand public (ici un des plus grands scandales artistiques du XXème siècle, le couple Keane), est souvent un piège à éviter. Burton est tombé dedans la tête la première, et moi avec lui. C’est bien simple: le dernier de ses films à m’avoir vraiment, vraiment plu, était Corpse Bride (Les noces funèbres)… Depuis, il est comme sorti de son univers (sauf pour Alice au pays des merveilles qui, bien que pas à mon goût, était indéniablement dans son style). Ce dernier film est ainsi le paroxysme de cet éloignement: à aucun moment, si ce n’est les deux brévissimes instants où l’héroïne voit les gens avec de gros yeux (identiques en tous points à ceux du chapelier fou !), le spectateur n’a pas du tout l’impression d’être face à un Tim Burton. Et le changement, quand il n’est pas pour le meilleur, sied fort peu aux génies d’hier…

La rencontre du couple est ridicule, les dialogues répétitifs…c’est bien simple, on ne fait que suivre l’histoire de la petite famille. Amy Adams a déjà une forte tendance à me courir sur le haricot mais alors là, en femme abusée victime d’un grand manipulateur, elle est tout bonnement insupportable. De toute façon depuis qu’elle m’a pourri Man of Steel et The Master

A l’inverse Christoph Waltz est plutôt bon, notamment dans la scène finale du procès (seule scène qui vaille un penny). J’ai pensé que ce rôle allait un peu lui changer, mais au final il joue toujours des salauds…

 

Comble du cheap, symptôme que ce film est banal s’il en est: les petites « actualités » pré-générique sur les personnages réels ayant inspiré le film, photo souvenir avec Amy Adams à l’appui. Tim, qu’es-tu devenu ?!!

Seule chose à sauver (peut-être), la chanson composée spécialement par Lana del Rey et qui résume parfaitement le film. Je viens de vous sauver 106 minutes. De rien.

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The Voices

Non ce n’est pas la version boys band de votre émission préférée du samedi soir, mais le dernier film de Marjane Satrapi. Cela tombe bien, je n’ai vu ni Persepolis (à faire vite) ni Poulet aux prunes (on s’en passera je pense).

La bande-annonce était plus qu’intrigante: Ryan Reynolds, alias Green Lantern ne l’oublions pas (JAMAIS !), en serial killer fou furieux obéissant à son chat à l’accent écossais. Normal.

Pour tout vous dire, il y avait du potentiel. Ce film est un gros « Mouais ». Vous en sortez « mouais », voyez-vous ce que je veux dire? Ni bon, ni mauvais.

Ryan est plutôt bon pour être honnête, avec des fulgurances de Dexter ou d’American Psycho (étant entendu que ces deux œuvres sont à des années-lumières en terme de qualité); Gemma Arterton, dont je suis profondément amoureux depuis Good Morning England, est toujours aussi belle mais…avec quelques (dizaines de) kilos en trop; Anna Kendrick, la fille dans plein de films mais dont on ne se souvient jamais, restera définitivement « la fille dans plein de films mais dont on ne se souvient jamais »; enfin Jacki Weaver, révélée par l’exceptionnel Animal Kingdom, relève un peu le niveau.

 

Les rares fois où l’on commence à trouver le temps long, on prend un meurtre en pleine face. Et puis la fin est déjantée…alors pourquoi pas.

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Inherent Vice

Il y a trois ans sortait The Master, un film qui ne pouvait laisser indifférent: délire bobo prétentieux ou pur génie, nous ne savions pas trop. C’était indéniablement maîtrisé, culotté, et porté par des acteurs au sommet de leur talent. Paul Thomas Anderson est de retour, et c’est encore une perle.

Ce nouveau film est une enquête totalement loufoque, entre Tintin et The Big Lebowski. Impossible en effet de ne pas penser au chef d’œuvre des frères Cohen, face à un hippie perdu interprété par mon grand amour Joaquin Phoenix (avec des rouflaquettes, oui oui). On a même une scène culte, un peu comme celle où The Dude rencontre son homonyme; ici un discussion surréaliste avec une mère ex-toxico. Les 148 minutes du film passent tranquillement, de scène comique en scène magnifiquement érotique (vous verrez bien laquelle), jusqu’à une fin paisible.

Ah les années 70…hippies, drogue, le président Nixon… Toute cette esthétique, et une photographie de génie (signée Robert Elswit, comme celle de There will be blood, autre succès d’Anderson) font de Los Angeles la plus belle ville du monde à vos yeux.

Et ce casting, ce casting ! C’est bien simple, Phoenix ne fait que des pures merveilles depuis Walk the line. Je suis amoureux de lui depuis Gladiator, je l’aime et je l’aimerai. Pour les seconds rôles, la liste est glorieuse: Josh Brolin comme on ne l’a jamais vu, c’est-à-dire complètement barré; Owen Wilson, Benicio Del Toro et Reese Witherspoon… Premier rôle féminin, l’inconnue ou presque Katherine Waterston est absolument magnétique (voir notamment ladite scène de sexe…incroyable).

 

Au final je peux enfin me prononcer sur Paul Thomas Anderson, j’en suis certain: c’est un pur génie. De toute façon un réalisateur qui prend comme muse mon Joaquin !

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Chappie

Neill Blomkamp sort encore un film avec des robots, mais avec cette fois Sigourney Weaver et Hugh Jackman…avec un mullet et un short beige. Comment ne pas penser à Real Steel ? Comment donc ne pas avoir peur?

Et bien finalement, j’ai plutôt passé un bon moment. Même si les défauts sont nombreux.

On n’aime pas: les incohérences scientifiques (ici magistrales), toujours présentes dès que l’on parle d’intelligence artificielle; l’insistance trop marquée sur « l’éducation » et le côté gangsta du robot héros; le côté caricatural du rôle de Jackman, pour une fois en méchant; Dev Patel en Afrique du Sud ?!; le piètre jeu (euphémisme, croyez-moi) des nombreuses racailles, jouées entre autres par les deux membres du groupe sud-africain Die Antwoord.

On apprécie néanmoins: la fluidité et le look magistral des robots; le côté gangsta de Chappie (un robot qui dit « Zarma », c’est quand même marrant); la bande-original de Hans Zimmer couplée aux tubes de Die Antwoord (à découvrir, vraiment); la fin plutôt sympathique bien que prévisible.

 

Blomkamp s’améliore, en ce que sa morale « à gros sabots » (les pauvres contre le reste du monde, le traumatisme de l’apartheid, les progrès sociaux nécessaires dans son pays, etc) est ici un peu moins visible que dans District 9 où elle était clairement revendiquée et dans Elysium où elle tournait carrément au ridicule. Malgré tout il reste dans sa zone de confort, toujours les mêmes thèmes…

Un bon divertissement, mais rien de folichon mes mignons !

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