Warcraft: Le Commencement

N’étant absolument pas fan des jeux-vidéos éponymes, et présageant bien la bouse en puissance, mes attentes étaient on ne peut plus basses. Et pourtant, j’ai pris bien cher comme disent les jeunes. C’est « Le Commencement » d’une saga qui me paraît déjà trop longue.

Dans une salle où le beau sexe était pour ainsi dire absent, j’ai découvert médusé: un Travis Fimmel dépassé par les évènements qui recrache son interprétation dans Vikings (excellente au demeurant, celle-là); un Ben Foster qui poursuit le chemin de perdition entamé avec The Program, ce que je ne peux que regretter; et enfin un Dominic Cooper extrêmement mauvais mais à qui au moins on ne pourra pas reprocher, juste après Dracula Untold et Need for Speed, de ne pas être cohérent dans ses choix de films.

Seul point positif, le soin apporté au design graphique des orcs et notamment des expressions faciales du héros Durotan.

 

Entre les combats de magiciens à grand renforts de volutes de couleur plein l’écran et les dialogues sur-kitsch sur l’amour ou la vie, ce film est un échec. Espérons que les fans de la franchise seront assez objectifs pour le reconnaître et indirectement mettre fin au massacre, ou que dans le second opus les 160 millions de dollars de budget seront légèrement redirigés vers les auteurs.

La première option emporte ma faveur.

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Cafe Society

Voix off par Woody Allen himself, à l’instar de Tarantino dans Les 8 Salopards: ça commençait mal. De toute façon depuis Whatever works…pas la folie le Woody.

 

Et bien ça y est, il nous est revenu. Amour et légèreté, quiproquos et blagues juives: la recette classique y est.

Ajoutez à cela une Kristen Stewart plus belle que jamais (littéralement, que jamais) avec au moins quatre expressions faciales différentes (trois de plus que d’habitude, donc), un Jesse Eisenberg dont on se dit qu’il aurait dû jouer sous la direction d’Allen bien avant To Rome with love tant il correspond parfaitement à ses personnages habituels (d’aucuns diront qu’il ressemble plus à Woody Allen que Woody Allen lui-même), une Blake Lively à croquer et un Steve Carell parfait en vieux ragoutant.

 

Et vous obtenez un bon Woody Allen. Ni un bon, ni un mauvais film; juste un bon Woody Allen. Avec en prime une lumière incroyable, parfaitement captée par Vittorio Storaro (« Monsieur » caméra de Coppola », tout de même).

A voir pour se détendre et se rappeler pourquoi on aime le réalisateur du Bronx.

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The Nice Guys

« Les gars, on va faire un duo comique avec un Russell Crowe bedonnant et Ryan Gosling qui s’est découvert un talent comique ». Je n’aurais pas mis un sou dessus. Et pourtant…

Et pourtant cela marche plutôt pas mal. Tout d’abord parce qu’on a, chose rare aujourd’hui, un scénario pas hyper complexe mais qui a le mérite d’être bien ficelé. Ce qui donne une espèce d’enquête loufoque, pleine de rebondissements, un peu à la Inherent Vice. Le tout dans les années 80, qui font toujours une bonne toile de fond tant elles sont l’objet de fantasmes/cultes de nos jours.

Mais aussi, et c’est encore plus surprenant, parce que le duo fonctionne: Ryan Gosling est plutôt bon comique, et le contraste passivité mollassonne/côté badass de Crowe (notamment vis-à-vis de la petite fille) est assez hilarant.

 

En bref, un très bon moment.

PS: les aficionados, dont je suis, reconnaîtront sans trop de peine le gros placement de produit Captain Morgan dans la scène de fin.

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X-Men: Apocalypse

Il y a un dieu égyptien très puissant, si puissant qu’un des méchants devra redevenir gentil pour que le monde soit sauvé.

Il y a une scène post-crédits plus que scandaleuse, qui prend tous les fans de comics pour des connards, et un générique ultra cheap qui ressemble à un écran de veille.

Il y a Oscar Isaac tout maquillé, qui a dégringolé dans mon estime à cette occasion, et le retour d’un vieux qui avait sûrement une obligation contractuelle qu’il avait oublié.

Il y a de la 3D active qui ne sert à rien, et dont les lunettes sont très désagréables.

Il y a une seule scène acceptable, celle de Quicksilver. Encore.

 

Il y a moi, qui se dit que les blockbusters aussi mauvais c’est terminé. Plus de temps à perdre.

PS: ah oui, il y a aussi ce gars ridicule.

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Braqueurs

Un petit film qui ne paie pas de mine, mais un réalisateur remarqué (l’excellent L’affaire SK1 notamment) et de très bonnes critiques ont su me convaincre. Et puis une heure vingt, c’est un bien maigre sacrifice.

 

Les critiques n’avaient pas menti: du début à la fin, Julien Leclercq nous offre une heure vingt d’action pure. Les poursuites et les fusillades sont ultra réalistes, et les braquages vous tiennent en haleine. La présence de Jérôme Pierrat comme consultant n’y est peut-être pas pour rien.

Tout ça ne fonctionnerait pas sans un casting aux petits oignons, où Sami Bouajila (décidément de mieux en mieux, sa « gueule » est ici parfaitement exploitée) est en tête de ce que la jeune garde du Cinéma français a de mieux: Guillaume Gouix (Attila Marcel, La French), que j’adore, est toujours aussi impeccable; David Saracino, inconnu ou presque, est peu présent à l’écran mais le crève sans prétention; enfin on apprécie également la présence de Alice de Lencquesaing (Bodybuilder notamment, mais aussi Chocolat) ou Youssef Hajdi. N’attendez pas de moi que je parle du petit rôle du rappeur Kaaris…

 

Un bon film de voyous à la française, réaliste et ne glorifiant pas les racailles. On adore.

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Captain America: Civil War

Avec Batman v. Superman, j’étais resté sur une mauvaise note côté films de super héros. Il faut dire que la surenchère n’aide pas: au moins dix films Marvel sont déjà en développement !

Malgré tout ça, et une durée de 147 minutes qui se fait par moments beaucoup trop pesante, ce film réussit son pari de divertir et de « renouveler » un tout petit peu les scènes d’action. On retrouve tout ce qui manquait au film précité: de bonnes vieilles course-poursuites, des grosses bastons qui cassent tout (ici un aéroport), et des intrigues certes faibles mais qui ont le mérite d’exister: nos héros ont de vrais débats, de vraies décisions à prendre car elles ont du sens (entendez qu’ils ne changent pas complètement d’avis quand ils entendent le prénom « Martha »).

Naturellement tout n’est pas rose: Black Panther est joué par un américain de Caroline du Sud (Chadwick Boseman, alias James Brown) qui prend ce qu’il croit être un accent africain, ultra ridicule (sans parler de la représentation des africains, forcément animistes); Daniel Brühl, que j’aime beaucoup par ailleurs, est un piètre choix pour interpréter le grand méchant qui est par ailleurs un peu mince (vous avez tué ma famille, avec des millions d’autres, donc je dois vous tuer).

Les bonnes idées: la théorie selon laquelle Spiderman a été « lancé » par Tony Starck, on adore; l’araignée en question est d’ailleurs très sympa dans ce film; Ant-man, à ma plus grande surprise, vient apporter pas mal d’humour (qui manque légèrement à ce film) et de sacrés atouts au combat ! De plus, on apprend des choses sur le passé d’Iron Man

 

Au final on a un très bon divertissement, pas exempt de défauts mais mille fois mieux que ce que la bande-annonce pouvait laisser suggérer (pire trailer de tous les temps !).

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Le livre de la jungle

Malgré une bande-annonce laissant présager des images bluffantes, je suis allé au cinéma à reculons tant j’avais peur d’un énième remake sans saveur… Pour au final trouver un projet si ambitieux et abouti que je ne comprends pas le peu de communication qu’il y a eu autour de lui !

C’est tout d’abord une énorme claque visuelle: les animaux, entièrement réalisés en CGI, sont plus vrais que nature. Les arrivées à l’écran de Bagheera et Shere Khan sont absolument bluffantes, tant les « visages » sont expressifs et les gestuelles fidèles (notamment les mouvements d’épaules des félins, bluffants). Du gigantesque roi Louie au plus petit écureuil, on sent un travail d’analyse comportementale hallucinant.

C’est aussi une très belle histoire, légèrement remaniée par rapport au dessin-animé de 1967: Kaa est désormais une femelle, Louie est beaucoup plus cruel, Baloo est parfois ultra badass… La jungle est également plus sombre, car comme l’a très bien dit le réalisateur Jon Favreau (oui, c’est improbable): « In Kipling’s time, nature was something to be overcome. Now nature is something to be protected ». Ainsi, le message de protection de la nature face à la destruction des humains est plus vivace mais sans être moralisateur.

Enfin c’est un casting vocal en or massif, vous obligeant à attraper une (rare) séance en VO: Bill Murray en Baloo, évidence absolue; Ben Kingsley pour jouer le sage Bagheera; Christopher Walken pour jouer le roi des singes Louie, à qui l’on a donné des traits si semblables que cela en devient perturbant; Monsieur Idris Elba et son accent british pour le méchant Shere Khan, parfait; et enfin Scarlett Johansson pour interpréter le perfide serpent Kaa (dont la célèbre scène est ici très stylisée, une vraie réussite), quel pari !

 

Quel beau projet que cette renaissance du Livre de la jungle, non pas uniquement avec des effets modernes mais avec un nouveau message et énormément de travail: jusqu’au magnifique générique de fin et aux chansons réenregistrées par les acteurs eux-mêmes (Walken veut être un homme comme vous ouh ouh).

A voir !

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