Creed II

Je suis un fan inconditionnel de la saga Rocky (le IV étant évidemment le meilleur) et de Sylvester Stallone de manière générale, ET j’ai passé un excellent moment devant le premier Creed (j’en étais le premier surpris, cf mon article à chaud). 

Alors quand je reçois en pleine terrine une bande-annonce avec le retour de Dolph Lundgren, un combat entre son fils et Adonis Creed, le tout sur fond du gros « DNA » de Kendrick Lamar…je deviens fou d’impatience.

Tout en sachant que la réalité ne saurait être à la hauteur de mes attentes.

 

Clairement le problème est ici scénaristique : gros poil dans la main des « auteurs », qui nous offrent un bon petit mix des troisième et quatrième opus de la saga Rocky, avec en plus des toooooonnes de moments famille bisous câlins. Interminable. Même l’obtention du titre par le héros est bâclée, dès le début du film et sans aucun build-up.

Avec toutes ces niaiseries (ah ben faut bien satisfaire les madames qui ont été traînées au cinoche, autrement qu’avec le six-pack Michael B. Jordan) cela manque un peu de scènes d’entraînement, les fameux training montage dont je suis friand et qui donnent immédiatement envie d’aller soulever de la fonte toute sa vie. En effet seul le combat final donne lieu à un entraînement bien badass, dont j’aurais pu me satisfaire pendant deux heures.

 

Avec quelques longueurs, ce film va gentiment se loger dans les mauvais élèves de la saga Rocky. Le réalisateur (Steven Caple Jr.) est absent, on ne voit absolument pas les 15 millions de dollars supplémentaires par rapport au premier Creed, et je ne parlerai même pas du bodybuildeur roumain au charisme d’huître qu’ils ont osé caster pour le fil de l’illustre Ivan Drago.

Malgré tout j’ai eu un sacré frisson quand le thème de Rocky a retenti, avec le méchant au sol…et oui, le gentil gagne toujours !

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Premières vacances

Un très bon ami, toujours avisé, m’avait exprimé une immense déception suite à l’avant-première de ce film. Faut-il toujours faire confiance à ses potes ? Et bien oui.

Réalisateur inconnu, premier rôle féminin inconnu ou presque (Camille Chamoux), et puis Jonathan Cohen. Ce bref résumé exprime malheureusement à lui seul le cheminement qui a dû être celui des scénaristes : « Scénario ? Bof…on laissera John faire le con et ça passera crème ». Pas exactement.

 

Éternelle opposition entre les artistes, les rêveurs, et les pragmatiques pour ne pas dire les matérialistes (car n’oublions pas que tout doit être bien blanc ou bien noir !). Cette summa divisio peut paraître réductrice mais s’applique finalement assez bien à tous vos proches. Cela n’en fait pas néanmoins un pitch suffisant pour un long-métrage de 102 minutes.

Comment bien opposer ces deux caractères ? En vacances. Où ça ? Ben en Bulgarie évidemment. Mais pas pour sa main d’oeuvre pas chère et son crédit d’impôt audiovisuel hein, pour la beauté des paysages et l’originalité !

 

En bref ce film est un peu un Amour et turbulences sans le casting, ou une romance à la Valérie Donzelli mais sans la poésie. Sans le talent quoi.

Heureusement Cohen fait quelques blagues habituelles, joue Serge le Mytho ; quoi, cela commencerait à nous fatiguer ?


Undercover : Une histoire vraie

Déjà, première alerte au titre francisé infâme de l’année. Sans déconner…même au Québec ils ont gardé le titre original (White Boy Rick) putain, on a jamais vu ça !

Deuxième long du relativement peu connu Yann Demange, avec en rôle principal le jeune Richie Merritt et ce cher Matthew McConaughey affublé d’un bien beau mulet pour jouer son père. Autant dire qu’avec l’absence quasi totale de promotion, je ne serais jamais allé voir ce film si Matthew n’avait pas fait confiance au réalisateur français. Et encore j’y suis allé sans conviction…

 

C’est l’histoire assez banale d’une famille de ratés, des white trash dans un Détroit très black et qui part déjà en sucette dans les années 1980. Le scénario est indéniablement faiblard : le cachet « histoire vraie » n’aurait pas dû dispenser d’un travail d’écriture, et le résultat est un film qui ne dit pas grand chose si ce n’est mettre en avant les effets néfastes de la war on drugs de l’administration Reagan. Dommage étant donné le pedigree incroyable de ce jeune de 17 ans qui régnait déjà sur un petit empire de la drogue.

Heureusement la photographie de Tat Radcliffe est très soignée : lumières, plans léchés, bien aidés par le format Cinémascope (2.39 : 1) qui a tendance à sublimer « sans trop d’efforts » (!).

 

En bref un film que l’on oubliera vite, mais qui a toutefois le mérite de faire émerger le jeune Richie Merritt qui aura peut-être une belle carrière devant lui. En tout cas il le mérite.

OK, je sors.


Bienvenue à Marwen

J’ai toujours adoré Steve Carell : comme beaucoup j’ai grandi avec son talent comique loufoque dans 40 ans toujours puceau ou Bruce tout puissant, puis son émouvant côté Mr Nice Guy dans Crazy, Stupid, Love (un classique, on ne juge pas !) ou même parfois dans The Office (qui était bien plus qu’une série comique). Ce bon vieux Steve représente le quinqua blanc moyen, à la fois drôle et pathétique, comme Jim Carrey a pu si brillamment l’être à son époque.

C’est la raison pour laquelle je me suis aventuré dans ce nouveau film de Robert Zemeckis, qui n’a pourtant rien offert de bien extraordinaire depuis Seul au monde…en 2000.

 

L’histoire (vraie) est celle d’un homme traumatisé par le sauvage passage à tabac qu’il a subi il y a quelques années, et dont il se remet en créant un monde qu’il peut contrôler à l’aide de poupées inspirées de son entourage. On ne peut que être touché par ce grand enfant malgré lui, dont la fragilité et parfois la naïveté ne sont pas sans rappeler celles d’un certain Forrest Gump…également réalisé par Zemeckis.

Là où ce pitch kitsch au possible devient intéressant, c’est lorsque la frontière entre cette vie fantasmée et la réalité se brouille et que ces-dernières s’influencent mutuellement. On note d’ailleurs que les transitions ou incrustations entre les deux mondes sont impeccables, et que le monde des poupées est par ailleurs assez bluffant visuellement : je ne sais pas quelle technique a été employée, mais le rendu des textures sur ces poupées inspirées d’acteurs bien réels est très propre.

 

J’observe avec dépit que les critiques ne sont pas au rendez-vous, et que les studios parlent déjà d’une des plus belles pertes financières de l’année. C’est fort regrettable car, bien que ce film soit loin d’être parfait, il a pour mérite de proposer (enfin) quelque chose d’un peu différent en mélangeant fiction et animation de qualité sur un scénario original.


Bird Box [Netflix Only]

Voici venu le nouveau film « événement » signé Netflix…un de plus.

Grand classique des films apocalyptiques, la narration alterne entre flashbacks sur l’apparition et l’évolution de « l’épidémie » et flash-forward sur la tentative d’échappée de l’héroïne. On découvre donc tout progressivement un étrange phénomène qui semble pousser la population au suicide, via un stimulus visuel… On se cache les yeux, on se barricade.

Bien que le roman à l’origine de ce film lui soit antérieur (2014), on ne peut s’empêcher de penser à l’excellent Sans un bruit tout au long de ce film : « l’apocalypse sensorielle » fait recette.

 

Malgré une idée une nouvelle fois intéressante et un casting doré (Sandra Bullock, John Malkovich), on ne peut s’empêcher de rester sur sa faim face à ce « film concept » qui ne trouve pas d’autre ligne narrative que la survie et la gestion de la maternité par l’héroïne.

Au surplus la fin est américaine à souhait, lorsque plusieurs options disruptives (résolution 2019, caler plus fréquemment « disruptif ») s’offraient pourtant aisément au récit.


Aquaman

Pour moi Aquaman a toujours été ce super-héros de seconde zone, bon à rien si ce n’est à nous rappeler le mal que l’on fait à nos mers et occasionnellement à séduire Loïs Lane (les fans de Smallville le détestent tous, sans exception).

Finir 2018 par une déconnexion totale de mon cerveau, pourquoi pas. Quelle funeste erreur. Pour tout vous dire, je préparais un article avec mes tops et mes flops de cette année qui s’achève. Ce navet de classe internationale m’évite d’avoir à le faire, car voici messieurs dames le pire film de 2018.

 

Les premières minutes ne sont pour moi qu’une succession interminable de gros « What the fuck » : Nicole Kidman en reine de la mer, des robots dont le ridicule n’a rien à envier aux méchants Power Rangers dans la série des années 90, des pirates des mers blacks et bien clichés, Dolph Lundgren en roi des mers roux (!), et j’en passe…

Là vous vous dites que cela fait déjà beaucoup, mais le pire n’est même pas là. Les dialogues, aussi bien dans leur (misérable) écriture que dans leur retranscription par les « comédiens » (notez bien les guillemets), sonnent aussi faux qu’une dispute familiale dans Dallas ou n’importe quelle oeuvre de série B (pour ne pas dire Z).

Jason Momoa est là pour faire m… frissonner (je ne fais pas dans le jeu de mots aquatique) la ménagère, Amber Heard l’américain obèse qui rêve de devenir aussi musclé que ledit Jason, et Willem Dafoe est là. Ce qui est déjà beaucoup trop pour ce grand acteur dévoyé (par son rôle du Bouffon Vert ?).

 

Même les décors sont cheap au possible : tous les plateaux « statiques », c’est-à-dire où s’installe une scène de dialogue pendant laquelle les personnages sont plus ou moins immobiles (par exemple le temple dans le Sahara, l’intérieur des grands vaisseaux ou encore l’entrée du passage vers le trident), semblent faits du plus mauvais carton pâte depuis les premiers Star Wars. C’est tout bonnement infâme.

De même, certains costumes comme notamment ceux de Kidman sont ridicules au possible (a fortiori sur elle).

 

Et qu’on ne vienne pas me dire que c’est un hommage au(x) comic(s), que ce soit Aquaman (qui a toujours été un super-héros pourri quoiqu’on en dise) ou le genre dans son entièreté. Avoir une poupée aux cheveux rouges comme dans Tex Avery, des costumes ridicules au possible, et surtout un scénario d’enfant de 4 ans et des dialogues inexistants est un bien piètre hommage au genre majeur que sont (parfois) les comics.

Mêmes les quelques scènes de combat n’ont rien d’incroyable pour un film à 160 millions de dollars ; fort dommage car dans ce nouvel élément d’évolution qu’est l’eau, de vraies claques visuelles à la Man of Steel étaient possibles. Mais non, on nous sert des mollusques géants et des méduses bioluminescentes. Cimer Marineland.

 

En bref, ce film réussit un triple exploit :

  • anéantir le peu d’espoir que j’avais de voir la franchise DC Comics briller au Cinéma autrement que via Superman
  • anéantir le peu d’espoir que j’avais encore dans les critiques, qui ont relativement apprécié le film (même Télérama décide de voir du second degré, je meurs), ainsi que dans l’Humanité entière qui fonce dans les salles
  • finir mon année en beauté et me donner une raison supplémentaire de tout oublier ce soir


Wildlife : Une saison ardente

Le (relativement) jeune et (indubitablement) talentueux Paul Dano passe à la réalisation, un comédien prétentieux de plus ? Présentée à Cannes, sélectionnée à Sundance et primée à Turin, cette « saison ardente » (mon Dieu) était fort attendue.

La première heure peine à m’intéresser : moment difficile d’une famille lors duquel un père dépressif quitte le foyer pour travailler, et la mère pète les plombs. Nous suivons au milieu de tout cela le jeune Joe, véritable personnage principal brillamment interprété par Ed Oxenbould.

Et puis sur la fin les choses s’enveniment, passant du simple trouble familial à une vraie problématique ; une suite d’événements traumatisants pour un adolescent.

De même la réalisation semble s’affiner tout au long du film, pour délivrer sur la fin d’excellentes choses comme par exemple un champ-contrechamp entre Joe et ses parents, mais toujours à sa hauteur d’adolescent. Les têtes de Jake Gyllenhaal et Carey Mulligan sont ainsi légèrement hors-champ, pour mieux y rentrer lorsque la discussion s’intensifie.

De même la scène de fin, toujours filmée avec brio, semble indiquer que la confiance portée au « jeune » réalisateur par les critiques et les festivals n’était pas usurpée.

 

En bref un film qui plaira plus aux étudiants en Cinéma et aux lecteurs des Cahiers qu’au premier venu, mais qui mérite toujours le coup d’œil.

A noter, Jake Gyllenhaal poursuit sa lancée de très bons choix de filmographie et ce malgré une cadence infernale de deux ou trois longs par an. Chapeau.