Deadpool 2

Par manque de temps je vais vous la faire courte. A la Deadpool finalement.

Le premier film de 2016 était une grande réussite, présentant au cinéma ce personnage de comics si différent des autres : irrévérencieux, vulgaire et trash, et surtout brisant plus que régulièrement le quatrième mur. Le tout avec des scènes d’action bien proprettes, formidable.

 

Ce deuxième opus a énormément de mal à démarrer et, bien que le film s’améliore graduellement (jusqu’à une scène post-générique absolument géniale), il ne trouve jamais vraiment son rythme. Peut-être cette narration plus que disruptive est-elle volontaire, quoiqu’il en soit elle est fort déroutante tout au long du film.

Le crescendo se retrouve également côté rire, avec des vannes faciles et éculées au début et au fur et à mesure des franches rigolades face au je-m’en-foutisme total des scénaristes et/ou aux images bien efficaces.

 

En bref : contrairement à notre ami Babe le cochon, tout n’est pas bon dans Deadpool 2 et on sent poindre un troisième opus au ras des pâquerettes.

Quoiqu’il en soit on prend sa bonne petite dosette de rire, et c’est finalement ce qu’on venait chercher. Par ailleurs, la scène post-générique vaut à elle seule le déplacement).

PS : caméos à tout-va !

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Avengers : Infinity War

Depuis plusieurs mois, presque des années désormais, c’est l’overdose de films Marvel. Pourtant pas le dernier pour lire des comics, j’en ai ras-le-bol des intrigues bâclées à base d’extraterrestres souhaitant recréer leur planète d’origine sur la Terre ; Transformers le fait aussi bien.

Alors malgré l’insistance de mes amis cinéphiles, depuis plusieurs semaines, je n’avais tout simplement pas envie. « Je te jure celui-ci est différent », « Thanos est enfin le méchant complexe que l’on attendait », etc… Mouais, on ne me la fait pas.

Et bien parfois…il faut croire ses potes.

 

Dès le début on est à fond dans le sujet : et bim, deux personnages qui meurent. Ah ouais, quand même. Et derrière c’est du non stop pendant deux heures trente, avec naturellement chaque minute coûtant un film français : baston sur baston, révélation sur révélation, etc. En bref, pas du vide.

« Mais quelle est la vraie différence / innovation ? », me direz-vous fort justement. Et bien c’est en effet le fameux Thanos. Loin d’être un méchant très méchant comme on en a l’habitude, c’est plutôt un malthusien radical qui pense servir l’humanité en la réduisant de moitié. Au vu de la direction que prend la Terre, vous avouerez que c’est « d’actualité ». Par ailleurs il n’est pas exempt de sentiments, ni donc de défauts.

A l’image de ce méchant « new gen », la fin est tout simplement bluffante ; pour le moins hors des sentiers battus. Vivement la suite ! Cela tombe bien, ils reviennent tous dès 2019.

 

Côté casting/personnages : – Thor prouve une bonne fois pour toutes qu’il est le plus badass des Avengers et même de tout l’univers Marvel. Sans aucun doute.

– Josh Brolin donne une profondeur assez dingue au fameux Thanosvia la motion capture et sa voix. J’ai bien peur de beaucoup moins l’apprécier dans Deadpool 2 !

– Enfin Peter Dinklage est tout bonnement ridicule, dans un rôle disons…dispensable.

Ah oui, Elizabeth Olsen est toujours aussi belle.

 

En bref, une excellente surprise pour beaucoup de fans de comic movies depuis longtemps restés sur leur faim. Le challenge de la suite sera d’autant plus difficile que la fin est assez radicale…

 


L’Île aux Chiens

Dès le générique, c’est la claque visuelle : allier la poésie du stop-motion à l’esthétique des personnages en cire, le tout avec une science du plan et de l’image comme seul Wes Anderson semble l’offrir de nos jours. Wow.

En stop-motion on ne peut en vouloir à personne « d’aller au plus simple » en termes de plans ; et bien non, ici c’est plans larges, cuts à gogo et scènes d’actions ahurissantes. Mais jamais dans l’ostentatoire, comme la fumée remplacée par du coton…

La science du plan dont je parlais plus tôt fait toute la différence avec un Wallace et Gromit (par ailleurs très bon aussi) : qui s’attend à du champ/contre-champ, à des flous artistiques ou encore à des très gros plans en stop-motion ? Sublime.

 

Et puis naturellement il y a le casting. La liste parle d’elle-même : Bryan Cranston, Edward Norton (quelle voix incroyable, instantanément reconnaissable et chaleureuse), Bill Murray (évidemment !), Jeff Goldblum, Liev Schreiber, Frances McDormand, Scarlett Johansson, Harvey Keitel, Tilda Swinton, et j’en passe… Pour info, la VF n’est pas en reste avec tout de même Vincent Lindon, Romain Duris, Mathieu Amalric, Isabelle Huppert, Yvan Attal, Daniel Auteuil, Jean-Pierre Léaud, etc. WOW !

L’univers japonisant, auquel Anderson fait selon moi un bel honneur malgré les critiques dont il a pu faire l’objet à ce sujet, donne tout son attrait à cette belle fable portée par une bande-originale vraiment originale signée Alexandre Desplat. Cocorico.

 

En bref, un magnifique conte avec une vraie patte (sans jeu de mots hein) visuelle comme seul le texan en est capable.

A voir d’urgence.

PS : on adore le respect des langues parlées, japonais pour les humains et anglais pour les chiens.


Dans la Brume

Mon Dieu que j’avais envie de l’aimer ce film…quelle belle initiative ! Un film français de genre, Paris en toile de fond, Romain Duris, la belle Olga Kurylenko. Tout de même !

Mais malheureusement, et ce dès le début, on comprend que ces 89 minutes vont être longues : déjà, Olga et la petite Fantine Harduin jouent terriblement mal. Ce n’est pas si simple à jouer les films de genre, et on en a ici une parfaite illustration. Romain quant à lui fait honnêtement le job.

Question première impression, je ne vous parle même pas du tout premier plan du film : resucée de Gladiator (d’autres diront Les moissons du ciel), cette image éculée de la main dans les épis de blés. Beurk.

 

Pour rester sur le visuel : c’est beau les plans aériens de Paris qui baigne dans la brume, mais on s’en lasse vite. Et cela ne suffit pas à faire un film. Du coup on en vient à se demander où sont passés les 11,2 millions d’euros de budget : je sais qu’une rue entière de Paris a été recrée en studio pour l’enfumer « en vrai ». Était-ce bien nécessaire ?

Si l’œil fait clairement la différence entre cette « vraie » brume et celle créée en post-production, elle n’est dans les deux cas franchement pas très belle. Contrairement à Ecran Large, je trouve donc vous l’aurez compris que pour 11 millions d’euros on est moins dans la prouesse que dans la mauvaise gestion du budget…

 

Mais, encore une fois, vu le courage de l’initiative, je m’attendais un peu à être visuellement déçu. Ce que je n’avais cependant pas imaginé, c’était que le film allait principalement pêcher sur son scénario (Guillaume Lemans ayant coécrit Un homme idéal).

Tout est téléphoné ! Sans mentionner les incohérences techniques, pardonnables dans ce genre, les enjeux narratifs de chaque scène sont tellement pourris (désolé, aucun mot n’exprimait mieux l’idée) que tout le film est déconstruit. Vous ne saurez rien de cette brume, ni comment et pourquoi elle est là, ni si elle disparaîtra.

Petite cerise sur le gâteau, une fin à la Disney expédiée sans même que l’on ait le temps d’y croire.

 

En somme, et cela me peine de le dire, l’ensemble a de faux airs de téléfilm à gros budget ; un bon dimanche soir sur TF1. Pour 11,2 millions d’euros (dont 500 000 € de la région IdF, au passage), avouez que c’est dommage.

PS : sympa cette affiche hein ? C’est con, tout le film est là.


Ready Player One

Les films de l’oncle Steven, ce n’était plus vraiment ça depuis Munich en 2005 (Le pont des espions n’était qu’à moitié bien, avouez-le !). Donc quand tonton Spielberg annonce un film principalement animé se basant sur la geek/pop culture et les années 80, les attentes sont énormes.

Il n’y avait que lui pour réussir un tel pari, et il l’a fait le c*n.

 

Après à peine 5 minutes de film, le spectateur a droit a une course-poursuite tout bonnement hallucinante mêlant voitures de films/mangas, références cinématographiques à tout-va et musique 80’s tout comme il faut.

C’est un peu putassier les références, mais quand c’est aussi propre et « justifié » par le contexte, c’est purement jouissif : le fusil de Gears of War (le « Lanzor »), les vêtements de tel ou tel personnage, la moto de l’héroïne, des soldats au milieu de la foule, etc…nul doute que les fans vont s’en donner à cœur joie sur les captures d’écran pour retrouver tous les clins d’œils.

C’est simple, ce film a dû être un enfer pour ses juristes car il y a des personnages « protégés » dans tous les sens. Et je ne vous parle même pas de la scène où les personnages se trouvent littéralement transportés dans un film cultissime, qui est au passage clairement ma scène préférée.

 

Et le film en lui-même ? C’est si beau, c’est incroyable… Vous voyez Monsieur Besson, on peut faire ça avec seulement 175 millions de dollars. Dingue non ?! Les expressions de visage, les scènes d’action, les textures ; tout y est.

Enfin côté casting, et bien que les prises de vue réelles soient minoritaires, on apprécie de voir les petites ganaches de Tye SheridanBen Mendelsohn (quelle sacrée gueule de méchant celui-là), Simon Pegg et l’excellent Mark Rylance.

 

En bref c’est un formidable conte moderne, ode aux geeks dont les vies ont été bouleversées par Star Wars ou Pac-Man, et qui n’oublie pas de rappeler que le monde virtuel ne saura jamais remplacer le contact humain.

Chapeau Monsieur Spielberg, vous voilà de retour.

PS: seul bémol, il semblerait que dans le futur tout le monde roule en Renault Twizy. C’est moche.


Hostiles

En ces temps de trailers partagés, re-tweetés et au pouvoir spoilant néfaste, j’ai retrouvé hier le plaisir d’aller voir un film dont je ne savais rien ; rien d’autre que la présence de Christian Bale, qui suffit généralement à me sortir du canapé. J’ai eu bien raison.

Il est définitivement très bon ce Scott Cooper : une flopée de prix pour l’excellent Crazy Heart, puis en 3 ans seulement il pond Les Brasiers de la colère et Strictly Criminal. Pas dégueu.

Ce qui pêche dans ce film, c’est clairement le scénario : on voit dès le début le manque de complexité du personnage de Bale, et c’est donc tout le déroulé du film qui s’étale dans votre tête ; cousu de fil blanc. La scène ultime, complètement inutile et gâchant le bel effet du plan précédant qui eût fait une fin sublime, vient clore ce scénario vu et revu : l’homme torturé qui change sa vision du monde au contact des sauvages, le tout avec une femme… Danse avec les loups style.

Cela entraîne un manque évident de substance, et donc un ennui relatif.

Cet ennui est pallié à 80% du temps par une photographie très léchée où la luminosité est un personnage à part entière : on pense assez vite aux Moissons du Ciel de Malick, avec son utilisation chronique de « l’heure dorée ».

Mais aussi par le casting doré : Bale est tout simplement magistral, mais comme toujours finalement…il est clairement au-dessus du film, qui ne le mérite pas ; Rosamund Pike est également fidèle à elle-même, belle et fière ; Wes Studi fait le vieil indien, comme d’habitude ; enfin Ben Foster incarne un des rares personnages intéressants car ambigu. Mais aussi Jesse Plemons, Stephen Lang, Scott Wilson et Rory Cochrane qui m’a offert la scène la plus marquante du film.

En somme un film lent et prévisible…mais très beau ! Une ode à Christian.


Annihilation [Netflix Only]

Je ne sais pas qui sont les connards qui ont participé aux projections-tests de la Paramount, et grâce à qui personne ne verra ce film en salles en Europe, mais ce deuxième film d’Alex Garland (Ex Machina, mais également auteur de génie de La Plage, 28 jours plus tard et Sunshine) méritait mieux qu’une sortie sur Netflix.

 

Tout d’abord le casting est assez dingo : Natalie Portman en héroïne, Oscar Isaac et Jennifer Jason Leigh en seconds rôles, et même le maxi luxe d’avoir Benedict Wong pour quatre secondes à l’écran en portant un masque !

Il y a deux atouts majeurs à ce film : tout d’abord et sans surprise, l’écriture. Le mystère réussit à ne se dévoiler que tout doucement, avec un final grandiose (un peu à la Premier Contact).

La deuxième originalité est visuelle : l’origine des perturbations au centre du film, que je ne divulguerai pas, permet des partis pris graphiques fort sympathiques et colorés.

Enfin petite mention spéciale à la musique, subtilement distillée entre guitare sèche pour les moments d’émerveillement et électro/sons psychédéliques pour le final totalement WTF.

 

En bref un film original qui ne laisse pas indifférent, entre fantastique, science-fiction et même horreur.

A voir !