Power Rangers

Je suis loin d’être un « fan » des Power Rangers, et croyez-moi il y en avait plus d’un à cette avant-première ; mais, mine de rien, j’ai quand même eu quelques figurines et autres robots démontables dans mon enfance. Je me suis donc laissé tenter.

Et ce fut rafraîchissant ! C’est tout simplement un bon gros teen movie (on adore les transitions et les plans à la Smallville) reprenant les codes et références d’un univers qui compte plus de fans qu’on ne pourrait le penser.

100 millions de dollars de budget, à mettre en face d’un réalisateur de 32 ans (auréolé du succès de Projet Almanac, film pas cher mais rentable produit par Michael Bay) et d’une bande de jeunes acteurs tous inconnus au bataillon. Il n’y a que des américains pour faire cela…

Il faut aussi une sacrée paire pour convaincre Bryan Cranston de se joindre au projet (bien que seulement via une sorte d’hologramme) et Elizabeth Banks, pourtant au sommet de sa carrière, de se ridiculiser à un point rarement atteint dans le rôle aussi archétypal (le mot est faible) que risible de la méchante qui contrôle l’or (avec sa créature « Goldar », cela ne s’invente pas).

Les deux premiers tiers du film sont donc un teen movie où les adolescents apprennent à se connaître et à « faire une force de leurs différences » (beuuurk) : autant dire qu’on s’emmerde un peu, bien que le ridicule soit souvent cocasse. Le dernier tiers s’excite un peu (enfin !), avec de bons gros sons (notamment un magnifique Power de Kanye West, utilisé à merveille) pour accompagner les combats de robots (ou « zords », naturellement) que l’on attendait depuis le début.

 

En bref un bon gros divertissement au côté gras assumé ; loin d’être parfait en raison notamment du fait qu’il ne constitue qu’un prologue, de ce qui est déjà annoncé comme un arc narratif de…six films.

Oui oui.


Ghost in the Shell

Manga puis anime(s) culte(s) (que je n’ai ni lu, ni vu), « fin d’un cycle » (selon ses propres paroles) pour Scarlett Johansson (après The Island et Lucy), un bon gros budget de 110 millions de dollars : au moins ça pouvait être beau ! Et finalement…

Même si le concept (un cerveau humain dans un corps bionique, le tout dans un monde où les humains « s’améliorent » grâce à la robotique) n’est pas mauvais bien que vu et revu, il n’en fallait pas moins un bon scénario. L’intrigue était peut-être suffisante en animé, mais cela pêche sérieusement en live action. Les dialogues sont écrits avec les pieds, les scènes de combat ne sont pas éblouissantes, et les plans aériens de la ville futuriste en guise de transition permanente sont vite répétitifs.

Au cœur du problème, l’absence totale de nuance : les humains sont améliorables à l’infini, et c’est donc l’éternelle question de l’âme et de où poser la frontière de l’humanité, bla bla bla.

Pas bien reluisant côté casting non plus : je trouve notre chère Scarlett fausse comme pas possible, probablement dans une tentative d’apparaître froide comme un robot (mais franchement, qu’est-ce que c’est que cette démarche ?!) jusqu’à la tant attendue larme de fin ; Juliette Binoche est complètement à côté de la plaque, un peu comme dans Godzilla en somme ; Michael Pitt, un peu discret au cinéma ces derniers temps mais brillantissime dans Boardwalk Empire, n’est ici pas bien reluisant dans le rôle du mi-homme mi-robot au cœur tendre. Dieu merci, le géant Takeshi Kitano vient apporter un peu de classe à cet ensemble disparate.

 

Et la 3D inutile, et des effets visuels pas si dingues que ça au vu des ambitions du projet…bref, une belle déception alors que je n’ai même pas vu l’anime. Bon courage aux fans !


The Lost City of Z

James Gray, le mythe de l’explorateur Percy Fawcett disparu en Amazonie, un titre non traduit (comme Two Lovers et The Immigrant, mais pas La nuit nous appartient bizaremment…), Charlie Hunnam…tout ça sentait fort bon.  Et puis, à ma plus grande surprise, je n’ai absolument pas trouvé le film attendu; ni mon compte, par conséquent.

Loin du palpitant film d’aventures au cœur d’une jungle hostile, c’est tout simplement l’histoire de l’homme obsédé par sa jungle car il n’y aura jamais rien trouvé et il ne lui sera finalement pas arrivé grand chose. Avouez que cela fait un excellent scénario. Je n’exagère pas : si ce n’est le décès de personnages très secondaires, sans nom ni dialogue, il ne se passe absolument RIEN.

Notre héros et son comparse, incarné par un Robert Pattinson fantomatique, enchaînent les allers-retours entre Angleterre et Amazonie avec un « petit » détour sur le front de la Somme. Et n’oublions pas maman (Sienna Miller, rarement aussi sous-exploitée) qui reste à la maison pour s’occuper des sales mioches…

En présence d’un tel génie de réalisateur, et dans mon ennui croissant, j’attendais au moins d’être ébloui par des plans splendides et une lumière soignée. Il n’en est rien : la jungle m’est rarement apparue si soporifique, et le temps si long.

 

Pour les fans d’aventure et d’explorateurs d’un autre siècle, dont je pense(ais ?) faire partie, je recommanderais plutôt le livre éponyme de David Grann, dont on ne me dit que du bien ; pour les fans de James Gray, préparez-vous à un style nouveau.

Même pour être déçu, il est toujours agréable d’être surpris !


Grave

Flopée de prix pour un film franco-belge, d’une jeune réalisatrice de 33 ans, et traitant de cannibalisme…si tout cela n’a pas attisé votre curiosité, il est vraiment temps que vous repreniez goût à la vie.

Tout commence comme un film de bizutage (des jeunes adultes un peu perdus se font violenter, découvrent l’amour, l’alcool à outrance, etc ; thème déjà au cœur de Mange, téléfilm remarqué de la réalisatrice en 2012) très stylisé, un peu à la Kaboom de Gregg Araki. Ensuite le tout évolue lentement vers le trash puis le gore (soft) pour s’avérer être un manifeste d’un nouveau genre : le cannibalisme réaliste.

Je ne peux vous relater le cheminement des personnages sans enlever tout intérêt à votre visite en salle obscure, mais sachez que le tout est extrêmement progressif et bien amené. Jamais de gore gratuit, ni à outrance.

Le (jeune) casting est tout à fait bluffant : Garance Marillier, 19 ans, incarne l’inquiétante héroïne tantôt sensuelle tantôt animale ; on apprécie la présence de Rabah Nait Oufella (remarqué dans Entre les murs) et du chevronné Laurent Lucas ; enfin, mention spéciale pour Bouli Lanners, offrant un moment bien gênant.

 

Un concept bizarrement jamais traité, une maîtrise visuelle, une bande-originale au top, une fin parfaite et un buzz sacrément maîtrisé : chapeau bas à Julia Ducournau.

A voir !

PS: seul bémol en ce qui me concerne, ce titre assez banal.


Kong : Skull Island

Encore le gros Kong contre des lézards bizarres, dans un film à 185 millions de dollars confié à un réalisateur débutant. Mouais. Et puis il y a eu l’annonce progressive du casting, puis les premières images…tout cela est devenu fort intéressant.

Premiers plans, direct dans le vif du sujet : le King impose sa présence massive (certains diront même qu’il est trop grand), aussi bien visuellement que par ses grognements qui font vibrer la salle. Trois minutes de film, je suis déjà accroché ; chapeau.

Tout au long de ses deux heures, cette nouvelle interprétation du « mythe » du singe géant offre de très belles images : des plans absolument pas originaux, mais sacrément efficaces (on pense notamment au double duel entre Samuel L. Jackson et le singe) et surtout admirablement portés par les incroyables effets visuels (signés Industrial Light and Magic, rien que ça). Même la 3D est plaisante, c’est vous dire.

Si l’histoire n’est pas incroyable en soi, elle reste acceptable grâce au casting premier choix : Samuel L. Jackson en militaire fou à la BrandoTom Hiddleston en mercenaire beau gosse et humaniste, John GoodmanToby Kebbell (Rocknrolla), Shea Wigham (Boardwalk Empire), et surtout John C. Reilly qui vient brillamment apporter un peu de légèreté au tout (croyez-moi, j’en suis le premier surpris !).

 

En bref un excellent blockbuster, pur divertissement du dimanche soir sur TF1, mais qui peut se targuer d’avoir repris avec panache une des plus vieilles figure du Cinéma. En revanche, je doute que l’on puisse en dire autant de la suite déjà annoncée : Godzilla vs. King Kong.

J’ai peur.

PS: quelle affiche !


De Plus Belle

J’étais intrigué par l’improbable duo Florence Foresti / Matthieu Kassovitz, voilà ; jetez-moi la pierre. Cela m’apprendra à ne pas lire les synopsis.

Ce que je pensais être une comédie romantique légère / un peu grasse était en fait un manifeste de la femme libre et moderne, plus forte que le cancer du sein. N’ayant connu ni la maladie ni le bonheur d’être du beau sexe, vous avouerez que je suis un peu en-dehors de la cible. Quand bien même, je peux affirmer sans trop de risque que ce film est loin d’être irréprochable.

Déjà le casting : Florence Foresti a un jeu suffisant pour les frasques du Palmashow, mais clairement pas pour porter un long-métrage quelles que soient ses prétentions ; Kassovitz, que l’on voit finalement assez peu, surprend dans sa facilité à jouer le « serial lover nonchalant » (figure désormais bien connue, rendue célèbre notamment par Romain Duris) ; enfin Nicole Garcia est relativement ridicule en prof de bien-être, quand Jeanne Astier semble être une pâle copie d’Ariane Ascaride.

Vrai petit bonheur de ce film, et je ne dis pas ça (uniquement) parce que je suis un peu fou de lui, en la personne de Jonathan Cohen alias Serge le Mytho. Quel génie…chacune de ses trop rares apparitions est un rire assuré, oasis de plaisir au milieu de ce film qui ne m’était pas adressé. Le côté Psychologies Magazine sûrement…

Deuxième et dernier bon point de ce film, le fait qu’il se déroule dans la magnifique ville de Lyon : et vu ce que la région a mis comme billes dedans, autant vous dire qu’on a le droit au tour complet. Confluence, Fourvière…cela change de Paris.

 

Malgré un indéniable sursaut d’émotion sur la fin (le syndrome La Famille Bélier, vous comprendrez), ce film m’a principalement mis mal à l’aise.

Pas pour moi !

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A ceux qui nous ont offensé

Depuis un petit moment, tous les films portés par Michael Fassbender sont des valeurs sûres : je suis donc allé voir celui-ci dont je ne savais rien, à l’aveugle. Pari perdu.

Dès les 10 premières minutes, on comprend que le tout manque cruellement de rythme et de propos ; il n’en trouvera que sur le dernier plan, ce qui est vous l’admettrez relativement gênant pour quelque chose qui vous aura volé 90 minutes de votre précieuse vie.

Dans ce premier long-métrage, le réalisateur britannique Adam Smith oscille entre un Snatch calme et un Ken Loach soft, livrant au final une tentative ratée de poésie par l’absurde. Les oppositions sont un peu grosses, pour ne pas dire manichéennes : tradition contre ouverture (père contre fils), empathie/fascination pour la liberté de ces nomades versus condamnation inévitable d’un mode de vie basé sur le crime, etc…

Le plus regrettable dans tout ça est que le couple père/fils Fassbender / Brendan Gleeson est assez génial…et qu’il a donc été gâché. On note la prestation du petit Georgie Smith, impeccable en jeune fou au cœur de toutes les problématiques.

 

L’impression générale de ratage est atténuée par les derniers plans, indéniablement teintés d’une certaine grâce.

Un film évitable.

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