The Lost City of Z

James Gray, le mythe de l’explorateur Percy Fawcett disparu en Amazonie, un titre non traduit (comme Two Lovers et The Immigrant, mais pas La nuit nous appartient bizaremment…), Charlie Hunnam…tout ça sentait fort bon.  Et puis, à ma plus grande surprise, je n’ai absolument pas trouvé le film attendu; ni mon compte, par conséquent.

Loin du palpitant film d’aventures au cœur d’une jungle hostile, c’est tout simplement l’histoire de l’homme obsédé par sa jungle car il n’y aura jamais rien trouvé et il ne lui sera finalement pas arrivé grand chose. Avouez que cela fait un excellent scénario. Je n’exagère pas : si ce n’est le décès de personnages très secondaires, sans nom ni dialogue, il ne se passe absolument RIEN.

Notre héros et son comparse, incarné par un Robert Pattinson fantomatique, enchaînent les allers-retours entre Angleterre et Amazonie avec un « petit » détour sur le front de la Somme. Et n’oublions pas maman (Sienna Miller, rarement aussi sous-exploitée) qui reste à la maison pour s’occuper des sales mioches…

En présence d’un tel génie de réalisateur, et dans mon ennui croissant, j’attendais au moins d’être ébloui par des plans splendides et une lumière soignée. Il n’en est rien : la jungle m’est rarement apparue si soporifique, et le temps si long.

 

Pour les fans d’aventure et d’explorateurs d’un autre siècle, dont je pense(ais ?) faire partie, je recommanderais plutôt le livre éponyme de David Grann, dont on ne me dit que du bien ; pour les fans de James Gray, préparez-vous à un style nouveau.

Même pour être déçu, il est toujours agréable d’être surpris !


Grave

Flopée de prix pour un film franco-belge, d’une jeune réalisatrice de 33 ans, et traitant de cannibalisme…si tout cela n’a pas attisé votre curiosité, il est vraiment temps que vous repreniez goût à la vie.

Tout commence comme un film de bizutage (des jeunes adultes un peu perdus se font violenter, découvrent l’amour, l’alcool à outrance, etc ; thème déjà au cœur de Mange, téléfilm remarqué de la réalisatrice en 2012) très stylisé, un peu à la Kaboom de Gregg Araki. Ensuite le tout évolue lentement vers le trash puis le gore (soft) pour s’avérer être un manifeste d’un nouveau genre : le cannibalisme réaliste.

Je ne peux vous relater le cheminement des personnages sans enlever tout intérêt à votre visite en salle obscure, mais sachez que le tout est extrêmement progressif et bien amené. Jamais de gore gratuit, ni à outrance.

Le (jeune) casting est tout à fait bluffant : Garance Marillier, 19 ans, incarne l’inquiétante héroïne tantôt sensuelle tantôt animale ; on apprécie la présence de Rabah Nait Oufella (remarqué dans Entre les murs) et du chevronné Laurent Lucas ; enfin, mention spéciale pour Bouli Lanners, offrant un moment bien gênant.

 

Un concept bizarrement jamais traité, une maîtrise visuelle, une bande-originale au top, une fin parfaite et un buzz sacrément maîtrisé : chapeau bas à Julia Ducournau.

A voir !

PS: seul bémol en ce qui me concerne, ce titre assez banal.


Kong : Skull Island

Encore le gros Kong contre des lézards bizarres, dans un film à 185 millions de dollars confié à un réalisateur débutant. Mouais. Et puis il y a eu l’annonce progressive du casting, puis les premières images…tout cela est devenu fort intéressant.

Premiers plans, direct dans le vif du sujet : le King impose sa présence massive (certains diront même qu’il est trop grand), aussi bien visuellement que par ses grognements qui font vibrer la salle. Trois minutes de film, je suis déjà accroché ; chapeau.

Tout au long de ses deux heures, cette nouvelle interprétation du « mythe » du singe géant offre de très belles images : des plans absolument pas originaux, mais sacrément efficaces (on pense notamment au double duel entre Samuel L. Jackson et le singe) et surtout admirablement portés par les incroyables effets visuels (signés Industrial Light and Magic, rien que ça). Même la 3D est plaisante, c’est vous dire.

Si l’histoire n’est pas incroyable en soi, elle reste acceptable grâce au casting premier choix : Samuel L. Jackson en militaire fou à la BrandoTom Hiddleston en mercenaire beau gosse et humaniste, John GoodmanToby Kebbell (Rocknrolla), Shea Wigham (Boardwalk Empire), et surtout John C. Reilly qui vient brillamment apporter un peu de légèreté au tout (croyez-moi, j’en suis le premier surpris !).

 

En bref un excellent blockbuster, pur divertissement du dimanche soir sur TF1, mais qui peut se targuer d’avoir repris avec panache une des plus vieilles figure du Cinéma. En revanche, je doute que l’on puisse en dire autant de la suite déjà annoncée : Godzilla vs. King Kong.

J’ai peur.

PS: quelle affiche !


De Plus Belle

J’étais intrigué par l’improbable duo Florence Foresti / Matthieu Kassovitz, voilà ; jetez-moi la pierre. Cela m’apprendra à ne pas lire les synopsis.

Ce que je pensais être une comédie romantique légère / un peu grasse était en fait un manifeste de la femme libre et moderne, plus forte que le cancer du sein. N’ayant connu ni la maladie ni le bonheur d’être du beau sexe, vous avouerez que je suis un peu en-dehors de la cible. Quand bien même, je peux affirmer sans trop de risque que ce film est loin d’être irréprochable.

Déjà le casting : Florence Foresti a un jeu suffisant pour les frasques du Palmashow, mais clairement pas pour porter un long-métrage quelles que soient ses prétentions ; Kassovitz, que l’on voit finalement assez peu, surprend dans sa facilité à jouer le « serial lover nonchalant » (figure désormais bien connue, rendue célèbre notamment par Romain Duris) ; enfin Nicole Garcia est relativement ridicule en prof de bien-être, quand Jeanne Astier semble être une pâle copie d’Ariane Ascaride.

Vrai petit bonheur de ce film, et je ne dis pas ça (uniquement) parce que je suis un peu fou de lui, en la personne de Jonathan Cohen alias Serge le Mytho. Quel génie…chacune de ses trop rares apparitions est un rire assuré, oasis de plaisir au milieu de ce film qui ne m’était pas adressé. Le côté Psychologies Magazine sûrement…

Deuxième et dernier bon point de ce film, le fait qu’il se déroule dans la magnifique ville de Lyon : et vu ce que la région a mis comme billes dedans, autant vous dire qu’on a le droit au tour complet. Confluence, Fourvière…cela change de Paris.

 

Malgré un indéniable sursaut d’émotion sur la fin (le syndrome La Famille Bélier, vous comprendrez), ce film m’a principalement mis mal à l’aise.

Pas pour moi !

Résultat de recherche d'images pour "de plus belle"


A ceux qui nous ont offensé

Depuis un petit moment, tous les films portés par Michael Fassbender sont des valeurs sûres : je suis donc allé voir celui-ci dont je ne savais rien, à l’aveugle. Pari perdu.

Dès les 10 premières minutes, on comprend que le tout manque cruellement de rythme et de propos ; il n’en trouvera que sur le dernier plan, ce qui est vous l’admettrez relativement gênant pour quelque chose qui vous aura volé 90 minutes de votre précieuse vie.

Dans ce premier long-métrage, le réalisateur britannique Adam Smith oscille entre un Snatch calme et un Ken Loach soft, livrant au final une tentative ratée de poésie par l’absurde. Les oppositions sont un peu grosses, pour ne pas dire manichéennes : tradition contre ouverture (père contre fils), empathie/fascination pour la liberté de ces nomades versus condamnation inévitable d’un mode de vie basé sur le crime, etc…

Le plus regrettable dans tout ça est que le couple père/fils Fassbender / Brendan Gleeson est assez génial…et qu’il a donc été gâché. On note la prestation du petit Georgie Smith, impeccable en jeune fou au cœur de toutes les problématiques.

 

L’impression générale de ratage est atténuée par les derniers plans, indéniablement teintés d’une certaine grâce.

Un film évitable.

trespass-against-poster


John Wick 2

Le premier John Wick sorti il y a plus de deux ans déjà, a inventé un nouveau genre : scénario volontairement minimaliste, limite ridicule, violence exacerbée mais toujours réaliste, le tout avec un Keanu au sommet de sa forme physique et de son art (librement baptisé le « gun-fu »).

Dans ce deuxième opus, ce génie revient plus fort que jamais : je vous invite d’ailleurs à aller voir les vidéos de l’entraînement de l’acteur, assez hallucinantes de maîtrise (mon Dieu, ces rechargements express !). Et cela transparaît dans les quatre grosses phases (10/15 minutes) de combats dans le film, bien jouissives.

L’histoire reprend immédiatement après la fin du film précédent, notre John Wick étant toujours aussi vénère qu’on lui ait impunément piqué sa voiture et tué son petit chiot. S’engage alors une vendetta et une inévitable reprise de service pour ce tueur à gages membre d’une mystérieuse organisation de tueurs d’élites. On adore.

On retrouve avec plaisir l’humour et l’autodérision assumée de Peter Stormare, le réalisme des combats (balles comptées, combo tir au genou/headshot) bien que le « costard pare-balles » du héros soit limite limite, encore plus de gore bien divertissant, l’apparition assez géniale de Peter Serafinowicz, et les retrouvailles avec un acteur de la saga Matrix

 

En bref une très bonne continuation du premier opus, ce qui est déjà bien plus que ce que l’on pouvait attendre… Le troisième opus est annoncé sans voile, et s’avère plutôt prometteur !

Can’t wait.

3096190-jpg-r_1280_720-f_jpg-q_x-xxyxx


Logan

Hugh Jackman, la fin d’une époque ; un seul prénom en guise de titre, un parti-pris esthétique qui se veut clairement « arty » (teinte tirant sur le jaune, notamment) ; une gamine mystérieuse à mi-chemin entre Midnight Special et Eleven de Stranger Things ; et même Hurt de Johnny Cash dans la bande-annonce. Tout ça était fort alléchant.

Les promesses sont bien tenues : des combats en veux-tu en voilà, des plans léchés ou presque, et beaucoup…beaucoup de moment de chialade.

Ce bon vieux Hugh, du haut de ces 48 ans, campe à merveille un Wolverine brisé et reclus ; à deux doigts de la mort, mais quand même toujours ultra balèze l’australien. Le combat final est assez dingue…surtout qu’il est suivi par un rollercoaster d’émotions. Je n’en dis pas plus.

Côté casting, que du très bon : la petite Dafne Keen, dont c’est le premier long et du haut de ses douze ans, est assez hallucinante ; Patrick Stewart va vous arracher une larme ou deux ; enfin Boyd Holbrook, le narrateur de Narcos, est devenu sacrément badass. Quant à Hugh…putain ce qu’il va nous manquer. On t’aime salaud, comme dirait l’autre.

 

Jusqu’au dernier plan, plein de nostalgie et d’émotion (entendez de maxi chialade), ce film est très bien senti. Un des meilleurs comic movies depuis longtemps, et sans aucun doute le X-men le plus abouti.

PS: pas vraiment une affiche, mais on adore !

logan