Dans le noir

Le réalisateur d’un petit court-métrage d’horreur se voit porté sur le grand écran par le pape de l’horreur au XXIème siècle, James Wan (Saw, Insidious, Conjuring), et produit par la Warner qui fait une promotion monstre notamment sur les réseaux sociaux…je suis curieux ! Et pourtant je regrette toujours ce genre de film, une fois seul dans mon lit le soir…

Et bien là j’ai eu des regrets dès le début ! Ce film utilise des effets vus et revus sans aucun panache (contrairement à un film comme Sinister, qui avait réussi le miracle de faire du neuf avec de vieilles recettes), le tout reposant sur un scénario que je qualifierai de « semi-original »: semi car sont bien présents les classiques du genre (petite fille maltraitée qui vient hanter tout le monde, enfant d’une famille déchirée au milieu de la tourmente, grande maison vide, etc), mais avec un léger twist pas désagréable (vous verrez bien).

On notera que le film rentre direct dans le vif du sujet, qu’il propose un ou deux beaux effets visuels (on pense notamment à la scène du flingue) et une scène bien marrante/flippante où tout le monde rit et applaudit pour relâcher un peu des sphincters mis à rude épreuve.

 

En bref un film dont personne ne se souviendra, donc passez votre chemin à moins d’être un fan du genre.

PS: sympa ce titre espagnol !

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Dernier train pour Busan

On a tous un ami qui s’appelle Pierre. Le mien voit beaucoup de films, c’est même presque son métier à ce salaud. Alors, même si nos goûts cinématographiques sont souvent opposés (sauf pour Suicide Squad, merde unanime), quand il me dit que LE film à voir s’intitule Dernier train pour Busan: je ne réfléchis pas.

En tout état de cause il faut avouer que, Pierre ou pas Pierre, ce film intrigue: un zombie movie coréen qui se passe dans un train, sélectionné hors compétition à Cannes et surtout distribué (en VO !) en France à grande échelle, ce n’est pas courant !

Et il tient toutes ses promesses: la situation part extrêmement vite en cacahuètes et la contamination est massive; à l’image du Snowpiercer, le train dans lequel se trouvent les protagonistes est le seul bastion de survie « humaine ». La géographie de celui-ci est exploitée au mieux, les compartiments permettant une segmentation salvatrice et tous les petits recoins étant bons pour se cacher. Pour un premier long-métrage en prises de vue réelles, on dit chapeau.

Seul bémol, bien faible rassurez-vous, les grands standards du genre sont bel et bien présents: le méchant homme d’affaire qui ne pense qu’à lui, le couple avec femme enceinte et mari héroïque, et même le clodo chelou dont on ne sait pas ce qu’il fait là. Les deux héros sont un père et sa fille, le premier travaillant trop et ne passant jamais de temps avec la seconde…bla bla bla. Le message pro-entraide et anticapitalisme est un peu redondant à la longue mais on s’en contente tant la tension monte efficacement et le bastonnage de zombies coréens est jouissif.

Côté casting: le héros est ultra beau gosse et surtout ultra européen, normal quand on sait qu’il est à l ‘origine mannequin; la petite fille est adorable. Eh vous attendiez quoi, je ne connais pas un seul acteur coréen moi !

La fin est toute belle et poétique, on adore.

 

En bref un excellent divertissement, qui renouvelle un genre du zombie movie où les réalisateurs et surtout les scénaristes s’étaient un peu endormi !

PS: le train, un peu héros du film malgré lui, est français Messieurs Dames !

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Jason Bourne

Sans être un fan de la saga, que je n’ai dû voir qu’une seule fois, je n’en attendais pas moins de belles choses de ce quatrième opus (désolé Jeremy Renner, tu ne comptes pas). Quelle déception.

Ce film est une suite de filatures souvent interminables dans les grandes villes du monde entier, avec tout plein de figurants et Matt Damon qui se faufile, sur fond de musiques sans aucun intérêt vous dictant vos émotions; ajoutez à cela deux courses-poursuites et une conférence, et vous avez tout le « scénario » du film. Ah non, j’oubliais Jason Bourne qui essaye de reconstruire son passé et donc son identité…à grand renfort de flashbacks interminables et grossièrement stylisés (la génération filtres Instagram ?), dont certains reviennent trois fois (trois fois !) pour que le brave spectateur comprenne bien de quoi on parle.

Le tout est terriblement prévisible: la mort de machine pour que le héros récupère tel objet, le retournement de machine bis qui tombe sous le charme mais en fait non; en toute modestie j’ai tout vu venir d’assez loin, et l’action a confirmé mes prédictions mais souvent en plus caricatural encore. Enfin, je vous passe les nombreuses aberrations technologiques/physiques: le sniper à 600 mètres avec un silencieux ou la reconnaissance faciale dans les lieux publics qui, sans parler du fait qu’elle marche drôlement bien dans ce film, semble identifier tout le monde sauf notre petit Jason qui se ballade à sa guise visage découvert.

Et que dire de Jason Bourne lui-même ? Il est tout simplement effacé, ne sachant que se prendre la tête sur son passé et défoncer des têtes contres des murs. Le véritable héros de ce film, et ce jusqu’à la dernière image, est le nouveau personnage incarné par la magnétique Alicia Vikander. Il n’est d’ailleurs pas exclu qu’elle revienne… Vincent Cassel interprète le méchant français, tueur froid qui bute à peu près tout ce qui bouge (pas un problème pour la CIA dans ce film…).

Mais ce qui est selon moi le plus gros point noir de ce nouvel opus, c’est la réalisation de Paul Greengrass: le temps passant, sa passion pour le fast cutting et les zooms saccadés a viré à l’obsession. Et le résultat pour le spectateur est tout bonnement à gerber. Quel dommage, notamment pour des scènes comme la course-poursuite de Las Vegas (dont une vidéo du tournage avait été rendue publique) ou la baston finale avec le méchant Vincent Cassel: on voit bien à l’écran l’investissement en travail de préparation et en argent, mais on ne peut en profiter tant on a mal à la tête. Le fast cutting étant un procédé « cache-misère », on se demande pourquoi Greengrass s’entête…

 

Le cœur de la communication autour de ce film, dans tous les médias, reposait sur le prêche suivant: « Jason Bourne n’est pas James Bond, c’est un homme comme vous et moi sans gadget ni millions à dépenser ». Pourtant ce nouvel opus, avec son grand méchant très caricatural qui veut contrôler le monde (Tommy Lee Jones) avec l’aide d’un magnat des réseaux sociaux et sa jeune fille qui tombe sous le charme du bad boy alors que tout lui interdit, revêt de sacrés airs de l’espion anglais !

Belle déception que ce film…je m’en vais revoir les premiers, cela vaudra mieux.

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Suicide Squad

Grand fan de DC comics devant l’éternel, je m’apprêtais à passer un excellent moment dans une salle délestée de tous ces détestables aoûtiens. Mais non, le marketing a été si bon que la salle est pleine…et le film abyssalement mauvais. Absolument rien n’est à garder dans ce film sans âme ni propos.

Dès les cinq premières minutes on sent la production formatée et la muselière probablement imposée par les studio à l’habituellement excellent David Ayer: dans ces cinq minutes, pas moins de quatre grands standards du rock (Queen, les Stones, etc), originalité zéro. Il en sera ainsi tout le film durant, le score étant complètement absent (seule la page Wikipédia du film m’a révélé son existence !). Et voyez-vous tout le film est comme ça: entre deux blagues téléphonées (principalement faites par Harley Quinn) et une scène d’action bâclée (aucune chorégraphie, que du fast cutting pour masquer le bâclage total), on s’ennuie ferme et on rigole tant certaines scènes sont vues et revues (on pense par exemple au « flashback » de Katana, personnage aussi original que le fait d’appeler une japonaise avec un sabre…Katana).

 

Au-delà de lacunes flagrantes dès l’écriture (les comics sur la Suicide Squad ou la Task Force X manquant déjà, selon moi, un peu de substance), c’est bien l’absence de charisme des personnages qui plombe ce film. Seuls trois personnages ont un tant soit peu de caractère et de présence: Deadshot, interprété par un Will Smith qu’on sent vieillissant, est le leader assumé et plutôt badass de la bande  bien que plombé par l’histoire planplan de sa fille qui l’aime vraiment super fort; Rick Flag, soldat « leader » de la Task Force rapidement supplanté par Deadshot, est plutôt bien interprété par Joel Kinnaman (oui, comme le gâteau breton au beurre !) que les fans de House of cards connaissent bien. Le troisième personnage, que ces messieurs attendaient tous, est bien sûr Harley Quinn interprété par la belle Margot Robbie: physiquement il n’y a aucun problème, elle est parfaite pour le rôle aussi bien au niveau du postérieur que du visage angélique. Mais la performance manque de folie et se trouve surtout plombée par des blagues bien trop peu recherchées et répétitives.

Après la reine, le roi: quelle belle arnaque que ce Joker ! Malgré un plan com’ axé quasi uniquement sur ce-dernier et ce jusqu’aux génériques mêmes du film (on aurait apprécié plus de Deadshot !), il s’avère que le bouffon vert (« allitération t’y as vu, aiiighhhhttt ») dispose d’à peu près quatre minutes à l’écran. Sans parler de cette arnaque intersidérale, je trouve détestable cette nouvelle interprétation du méchant culte: sans même rentrer dans la mise en concurrence avec Heath Ledger ou Jack Nicholson, ce Joker bling-bling et stylé ne colle pas du tout au personnage du comics (quel qu’il soit).

Et que dire des autres « membres » de la Squad…si ce n’est zéro charisme: Killer Croc est réduit à jouer la Chose des 4 fantastiquesAdam Beach (La mémoire de nos pères, Windtalkers, les films où il y a des indiens quoi…) interprète Slipknot ou le pire personnage de comics de tous les temps, un hispano tatoué s’enflamme (les 4 fantastiques on vous dit !), etc.

Enfin le grand méchant du film est interprété par Cara Delevingne. Je crois que tout est dit.

 

Des personnages ridicule, une intrigue non-existante: j’ai mal à mes comics.

Je pleure.

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La tortue rouge

Quel dur métier que l’animation; on peut y remporter un Oscar (pour le court-métrage Père et fille, splendide et disponible sur Youtube !) et retomber aussitôt dans l’oubli ou presque, luttant pour trouver des financements. Jusqu’à ce que les petits génies du Studio Ghibli viennent y mettre leur nez. Dix ans d’écriture et de travail plus tard…

La splendeur de la poésie. Rien de superflu: dessins épurés, arrière-plans au fusain fixes ou presque, et même les dialogues (déjà enregistrés en studio) ont été retirés pour ne laisser place qu’à de rares onomatopées. Point besoin de langage, les respirations suffisent.

L’histoire est celle éternelle du mythe de Robinson, une touche de conte des mille et une nuits en plus. Ajoutez-y des bruitages extrêmement immersifs et une bande-originale (un score uniquement) à couper le souffle (achetez-la, vraiment !), et vous avez ni plus ni moins qu’un chef d’oeuvre.

 

Voilà enfin un grand film d’animation pour adultes, comme avaient pu l’être à l’époque Princes et Princesses ou Azur et Asmar, peut-être encore plus dénudé. Des bébés crabes font rire une salle pleine; un regard, pourtant constitué uniquement de deux petits points noirs (un peu à la Hergé), suffisent à la faire pleurer.

Ce film c’est l’anti Valérian, c’est de la poésie à l’état pur. Une petite perle de beauté.

A ne pas rater !

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Independence day: Resurgence

Vingt ans après le film culte de Roland Emmerich, l’allemand remet le couvert avec encore plus de destruction et d’effets spéciaux. Pourquoi pas. Et puis il y a Jeff Goldblum aussi….

Il est vrai que ceux-ci sont impressionnants: le vaisseau alien fait désormais un bon quart de la taille de la Terre, certains aliens font 200 mètres de haut, les terriens maîtrisent la technologie alien…et j’en passe. Mais malgré tout ça j’exige un certain niveau de réalisme, ou en tout cas de « non foutage de gueule du spectateur »: ici les incohérences s’enchaînent à un rythme infernal, des pêcheurs qui sont aussi sismologues aux techniciens pilotes de chasse à leurs heures perdues.

Ce film se surpasse également au rayon des clichés, dont le point culminant reste la vision figée du Monde par les américains (la même que dans 2012, et tous les films d’Emmerich au demeurant): l’Asie est peuplée de moines tibétains, l’Afrique de seigneurs de guerre et les russes sont des gros bourrins qui veulent toujours faire la guerre. Et ne parlons pas de l’intelligence artificielle alien qui vient aider les humains…aucune originalité, même pas dans le design complètement pompé sur celui Marvin dans H2G2: Le guide du voyageur galactique.

 

Le casting dans tout ça? Liam Hemsworth (j’ai cru que c’était son frère) et Jessie Usher (« c’est qui ça ? On s’en fout mettez un black et tout le monde comprendra que c’est le fils de Will Smith ») incarne les beaux gosses musclés qui se battent sans trop réfléchir; Bill Pullman reprend son rôle d’ancien président et offre le rasage le plus drôle de l’histoire du cinéma après CharlotWilliam Fichtner prend du galon quand Viviva A. Fox décède bêtement; et enfin Charlotte Gainsbourg n’a rien à faire là, un peu comme dans Ils sont partout. Notre Jeff international est fidèle à lui-même, c’est-à-dire brillant dans ses cinq ou six répliques percutantes.

 

Avec tous ses effets spéciaux et son patriotisme dégoulinant, ce film vous offrira une belle tranche de rigolade: en effet je n’étais pas le seul à m’esclaffer devant certaines scènes. Pour une fois !

PS: cette affiche est un pur mensonge, puisque la dernière image du film est la tour Eiffel intacte vue par des bédouins (c’est bien connu, on voit la tour Eiffel depuis les hauteurs du Maroc).

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Camping 3

Les deux premier Camping ne sont certainement pas des grands films, même pas des bons; mais au moins ça sentait le pastis et les vacances, et Franck Dubosc parvenait à rendre attachante sa bande de beaufs attardés. Jusqu’à ce troisième (et dernier ? S’il-vous-plaît…) opus.

 

Dès le générique d’ouverture on est dans la blague bien lourdingue, sur fond de Maître Gims, avant de sombrer dans les blagues ultra border: sur les gays, les noirs, etc… 99% des blagues tombent à l’eau ou sont beaucoup trop limites pour qu’on accepte d’en sourire. Franck Dubosc, pour lequel je conserve un soupçon d’admiration, offre Dieu merci quelques fulgurances: une improvisation par-ci, une excellente vanne hommage à Michel Leeb par-là.

Ce film fait extrêmement cheap: à la fois par sa réalisation, digne d’un téléfilm TF1 (notamment le « love montage » à grands renforts de drone, donnant à l’image des airs du Bachelor), et par un casting au rabais. En effet les jeunes, et plus particulièrement le jeune couple (Louka Meliava, au charisme aussi introuvable que l’intérêt de son prénom, et Leslie Medina), jouent terriblement mal des rôles qui manquent déjà cruellement d’intérêt.

D’ailleurs parlons-en de TF1 (qui produit le film): le nombre d’allusions à la première chaîne est tout bonnement indécent, de The Voice à Danse avec les stars en passant par Les enfoirésLes enfoirés, on s’en serait bien passé: Michèle Laroque et Gérard Jugnot interprètent les parents « riches » du Cap Ferret, qui naturellement vont prendre de la drogue à leur insu. La lourdeur… Ajoutez à cela l’apparition de Bernard Montiel et le rôle de Phillippe Lellouche (il faut d’ailleurs lire ce merveilleux article sur son rôle !), et vous obtenez la tristesse de l’année.

 

En bref on a perdu la légèreté beauf pour des blagues grivoises TF1, et c’est bien regrettable. La saga Camping est pour moi morte et enterrée.

PS: NON les jeunes, je ne mentionnerai pas l’apparition de Mister V.

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