Sinister 2

Il faut dire ce qui est, le premier Sinister était unique en son genre: des procédés « d’horreur » un peu novateurs, un petit budget mais une réalisation rigoureuse, un méchant bien flippant et surtout le premier rôle confié à un acteur de qualité (Ethan Hawke).

A peine deux ans plus tard, et avec un budget triplé malgré l’absence d’acteurs « très » connus à l’affiche, ils remettent le couvert. La bande-annonce, qui semblait indiquer une utilisation massive du « Boogie Man » (le méchant démon), n’était pas des plus attirantes.

 

Et bien finalement, ce n’était pas si mauvais ! Tout en gardant le concept, c’est-à-dire à la fois le méchant manipulant les enfants et les vidéos filmées au Super 8 (à noter, elles sont ici encore plus trash), ce second opus réussit à se renouveler et ce notamment sur la fin.

Au casting on retrouve en guise de héros le flic lourdingue du premier opus, interprété par James Ransone (notamment vu dans The Wire), ce qui assure une vraie continuité entre les deux films; la ravissante Shannyn Sossamon, une des ces actrices que l’on voit partout sans s’en souvenir, assure la présence féminine; enfin retenez le nom de Lucas Jade Zumann qui, dans un petit rôle de « garçon fantôme » (don’t ask), réussit à marquer les esprits.

 

Comme le premier, j’ai regretté ma présence dans la salle de la première à la dernière seconde; pour ce genre de films, c’est bon signe. Il ne pouvait raisonnablement pas être aussi bon que le premier, chose que seul Terminator a réussi, mais c’est un franchement bon élément du genre.

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Le tout nouveau testament

« Dieu existe, et il vit à Bruxelles » disaient les affiches; la bande-annonce était extrêmement attirante; et enfin c’était avant tout le nouveau long-métrage du réalisateur de Mr Nobody, film sublime s’il en est. Dire que j’attendais ce film de pied ferme est un euphémisme.

Ce film c’est tout d’abord un excellent concept: Dieu est un père violent et cynique qui tyrannise sa famille quand il ne s’amuse pas à inventer de nouvelles façons de pourrir la vie de « ses » humains. Et pour l’interpréter, qui de mieux que le génie Poelvoorde ?

Mais c’est aussi et surtout un conte d’une poésie incommensurable, comme pouvait l’être Mr Nobody mais en encore plus naïf et enfantin.

Ce film c’est un peu celui que j’aurais pu imaginer réaliser, dans une autre vie. J’y aurais, moi aussi, imaginé Catherine Deneuve dans les bras d’un gorille ou encore une magnifique brune unibrassiste et désabusée. J’y aurais également mis toutes mes musiques classiques préférées: O Solitude de Purcell, La jeune fille et la mort de Schubert, et tant d’autres chefs d’œuvre.

 

Ce film sur la solitude, l’innocence, et la peur de passer à côté de sa vie, j’en avais rêvé.

Maintenant je l’ai vu.

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Agent 47

Ouverture: petit résumé du programme génétique ayant abouti à la création des « agents », littéralement des tueurs nés modifiés génétiquement pour tuer sans poser de question. Pas de doute, c’est bien un reboot et aucunement la suite du (très mauvais) film de 2007 avec Timothy Olyphant (Qui? Exactement).

Comme on pouvait le voir dans la bande-annonce, le personnage du jeu vidéo n’est pas du tout respecté pour ne pas dire trahi: aucune discrétion, rébellion et erreurs stratégiques. Pourquoi pas.

Mais qu’a-t-on surtout vu dans ladite bande-annonce? Je vais vous le dire: toutes les scènes d’action, ou plus exactement tous leurs paroxysmes. A chaque fois qu’une baston ou une course-poursuite débutait, je savais comment elle allait s’achever. C’est pénible.

Rupert Friend, excellent dans Starred up, fait le job. (Ça c’est de la critique mec !)

Seule bonne surprise, la scène d’action finale qui est un peu décalée avec une musique western; surprise gâchée quelques instants plus tard, juste après les main credits, par un pathétique plan annonçant sans équivoque une suite. Fuck.

Mais, parce qu’il y a un mais, je ne me suis pas ennuyé une seule fois…ce qui est fort. Ou aurais-je vu trop de merdes dernièrement (Antigang, American Ultra) ?

 

Le pire dans tout ça, c’est qu’ils ont osé plagier une des meilleures répliques de Watchmen. Honteux.

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American Ultra

Je m’ennuyais, il n’y avait rien d’autre: c’était le début d’une grosse erreur. Le couple d’Adventureland, Jesse Eisenberg et Kristen Stewart se reforme pour un « film d’action comique ». Tout est dans le titre. Stupide.

Les scènes d’action sont vues et revues (un seul homme contre 10 dans  un supermarché, une putain d’idée !), toutes les scènes « de couple » sont insupportables et le scénario est inexistant. Comme le dirait si bien le plus grand poète français de sa génération: « ce film est comme une qu**e de négro, long et pénible ».

Sans perdre plus de temps avec ce nanar, disons tout simplement qu’il est situé très très haut sur la récente mais parlante « échelle des Quatre Fantastiques« .

PS: mon bien aimé John Leguizamo, aka Tybalt ou Toulouse Lautrec, s’est retrouvé dans ce pétrin.

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Mission Impossible: Rogue Nation

En étant au cinquième opus (déjà ?!), on connaît tous la recette des Mission Impossible: de l’action complètement irréaliste, des courses-poursuites dans des véhicules tous de la marque sponsor du film, une histoire d’amour/séduction/sexe, et depuis peu le pote geek et marrant (j’ai nommé Simon Pegg).

Et bien rassurez-vous, tout est ici à sa place. Et ce dès le début avec l’impressionnante cascade où notre cher Tom Cruise est accroché à un magnifique Airbus A400M (un avion français Monsieur !), cascade qu’il a tenu à effectuer lui-même (au grand dam des producteurs et des assureurs) à huit reprises; il a d’ailleurs fait de même pour les scènes de pilotage, comme en atteste cette intéressante vidéo.

On est également servi au niveau de l’irréalisme, le paroxysme en étant la scène aquatique (LE n’importe quoi), et du placement de produits à gogo: BMW fournit voitures et motos. Cependant, car tout n’est pas à jeter, la course-poursuite à Casablanca (en voiture puis en moto) est je dois l’avouer assez bluffante (même si une moto heurtant une glissière de sécurité explose comme dans un Michael Bay…).

Côté casting on est plutôt bien servi: la caution sexy est assurée par la presque inconnue (mais pas pour longtemps, croyez-moi ! Affiche à l’appui) Rebecca Ferguson; Jeremy Renner prend du galon et apparaît comme sérieusement plus crédible; Ving Rhames, peu présent, apporte néanmoins quelques sourires; Alec Baldwin, apparaissant ici comme le seul acteur crédible et talentueux, devient intéressant vers la fin; enfin Sean Harris, trop rare au cinéma (un physique et surtout une voix trop spéciaux peut-être ?), est parfait en méchant qui vous met instantanément mal à l’aise.

Quoi, j’ai oublié quelqu’un ? Ah bon…

 

En bref un bon petit moment d’action à déguster entre potes, mais sans plus: le genre de film que tu n’achèteras jamais en dvd, ou alors pour ta belle mère.

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Antigang

« Le scénario est identique à un film américain », nous dit la page Wikipedia de ce film. Ça sent l’embrouille.

J’avais été séduit par le concept, la bande-annonce rythmée à souhait, un humour qui semblait omniprésent et un casting à faire pâlir tous les fans d’Hero Corp. J’ai donc été déçu.

Certes l’idée est bonne, et je tire donc mon chapeau virtuel au réalisateur Benjamin Rocher, mais on eût pu faire tellement mieux.
Tout d’abord les scènes d’action: toutes celles qui incluent des coups de feu sont en carton (particulièrement le braquage à Bercy). Mal orchestrées, mal filmées et répétitives. C’est d’autant plus choquant que les scènes de close combat, il y en a trois ou quatre, sont excellentes ! Merci Alban Lenoir.

Mais surtout, et c’est bien là la limite de l’exercice, on ne peut s’empêcher de rire lorsque l’on est français et que l’on connaît donc nos forces de l’ordre. BRI ou pas BRI, notre police n’a pas de tablettes dernier cri dans tous les coins et encore moins des BMW série 5 à exploser à gogo.

Néanmoins, comme ça cela fera une note positive, je dois avouer que j’ai ri. Au moins quatre fois.

Parlons casting: le susnommé Alban Lenoir, qui ne cesse de monter, livre une bien meilleure performance que dans Un Français; Jean Reno, un peu vieillissant, incarne sans effort le vieux loup rebelle de la BRI; Caterina Murino, apparition mystique dans un film comme celui-ci, apporte un peu de sexy; enfin les aficionados de la série précitée reconnaîtront ses excellents protagonistes…

En bref un concept qui méritait d’être approché et qui mérite désormais d’être approfondi.

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Absolutely anything

Bande annonce plus qu’alléchante: Simon Pegg dans un film à la Bruce tout puissant, c’est-à-dire un looser disposant un matin des pouvoirs de dieu…

J’y ai cru… Malheureusement, et ma naïveté m’a empêché de voir ce qui sautait aux yeux, le concept était trop limité. Tout dabord parce que, c’est le mal du siècle vous le savez, les meilleurs gags (pour ne pas dire 90% des gags tout court) sont dans le trailer. Mais aussi parce que le genre, oui Bruce tout puissant est désormais un genre, est intrinsèquement limité.
Pour preuve, ce film reprend aussi la toile de fond du pauvre type amoureux de sa voisine beaucoup trop bien pour lui: en l’occurrence la sublime Kate Beckinsale. Ou devrais-je dire feu la sublime, car les années (mais surtout son chirurgien) n’ont pas été tendre avec la déesse de la saga Underworld.

Maigres réconforts, la présence de l’excellent Eddie Izzard (un de mes humoristes préférés, trop méconnu en France) et de la voix du déjà regretté Robin Williams qui fait la voix du chien parlant (à cet égard, ne pas rater le générique de fin).

En bref, quelques fous rires en perspective mais principalement pour les chanceux qui n’ont pas vu la bande-annonce !

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