Independence day: Resurgence

Vingt ans après le film culte de Roland Emmerich, l’allemand remet le couvert avec encore plus de destruction et d’effets spéciaux. Pourquoi pas. Et puis il y a Jeff Goldblum aussi….

Il est vrai que ceux-ci sont impressionnants: le vaisseau alien fait désormais un bon quart de la taille de la Terre, certains aliens font 200 mètres de haut, les terriens maîtrisent la technologie alien…et j’en passe. Mais malgré tout ça j’exige un certain niveau de réalisme, ou en tout cas de « non foutage de gueule du spectateur »: ici les incohérences s’enchaînent à un rythme infernal, des pêcheurs qui sont aussi sismologues aux techniciens pilotes de chasse à leurs heures perdues.

Ce film se surpasse également au rayon des clichés, dont le point culminant reste la vision figée du Monde par les américains (la même que dans 2012, et tous les films d’Emmerich au demeurant): l’Asie est peuplée de moines tibétains, l’Afrique de seigneurs de guerre et les russes sont des gros bourrins qui veulent toujours faire la guerre. Et ne parlons pas de l’intelligence artificielle alien qui vient aider les humains…aucune originalité, même pas dans le design complètement pompé sur celui Marvin dans H2G2: Le guide du voyageur galactique.

 

Le casting dans tout ça? Liam Hemsworth (j’ai cru que c’était son frère) et Jessie Usher (« c’est qui ça ? On s’en fout mettez un black et tout le monde comprendra que c’est le fils de Will Smith ») incarne les beaux gosses musclés qui se battent sans trop réfléchir; Bill Pullman reprend son rôle d’ancien président et offre le rasage le plus drôle de l’histoire du cinéma après CharlotWilliam Fichtner prend du galon quand Viviva A. Fox décède bêtement; et enfin Charlotte Gainsbourg n’a rien à faire là, un peu comme dans Ils sont partout. Notre Jeff international est fidèle à lui-même, c’est-à-dire brillant dans ses cinq ou six répliques percutantes.

 

Avec tous ses effets spéciaux et son patriotisme dégoulinant, ce film vous offrira une belle tranche de rigolade: en effet je n’étais pas le seul à m’esclaffer devant certaines scènes. Pour une fois !

PS: cette affiche est un pur mensonge, puisque la dernière image du film est la tour Eiffel intacte vue par des bédouins (c’est bien connu, on voit la tour Eiffel depuis les hauteurs du Maroc).

Independence-Day-Resurgence-France-poster


Camping 3

Les deux premier Camping ne sont certainement pas des grands films, même pas des bons; mais au moins ça sentait le pastis et les vacances, et Franck Dubosc parvenait à rendre attachante sa bande de beaufs attardés. Jusqu’à ce troisième (et dernier ? S’il-vous-plaît…) opus.

 

Dès le générique d’ouverture on est dans la blague bien lourdingue, sur fond de Maître Gims, avant de sombrer dans les blagues ultra border: sur les gays, les noirs, etc… 99% des blagues tombent à l’eau ou sont beaucoup trop limites pour qu’on accepte d’en sourire. Franck Dubosc, pour lequel je conserve un soupçon d’admiration, offre Dieu merci quelques fulgurances: une improvisation par-ci, une excellente vanne hommage à Michel Leeb par-là.

Ce film fait extrêmement cheap: à la fois par sa réalisation, digne d’un téléfilm TF1 (notamment le « love montage » à grands renforts de drone, donnant à l’image des airs du Bachelor), et par un casting au rabais. En effet les jeunes, et plus particulièrement le jeune couple (Louka Meliava, au charisme aussi introuvable que l’intérêt de son prénom, et Leslie Medina), jouent terriblement mal des rôles qui manquent déjà cruellement d’intérêt.

D’ailleurs parlons-en de TF1 (qui produit le film): le nombre d’allusions à la première chaîne est tout bonnement indécent, de The Voice à Danse avec les stars en passant par Les enfoirésLes enfoirés, on s’en serait bien passé: Michèle Laroque et Gérard Jugnot interprètent les parents « riches » du Cap Ferret, qui naturellement vont prendre de la drogue à leur insu. La lourdeur… Ajoutez à cela l’apparition de Bernard Montiel et le rôle de Phillippe Lellouche (il faut d’ailleurs lire ce merveilleux article sur son rôle !), et vous obtenez la tristesse de l’année.

 

En bref on a perdu la légèreté beauf pour des blagues grivoises TF1, et c’est bien regrettable. La saga Camping est pour moi morte et enterrée.

PS: NON les jeunes, je ne mentionnerai pas l’apparition de Mister V.

Camping-3-affiche-définitive


Ninja Turtles 2

Le premier film m’avait tellement replongé dans mes souvenirs d’enfance et cette cassette que j’ai détruite tant le film de 1990 était génialissime…que j’en ai peut-être été aveuglé. Je dis bien peut-être; en tout cas c’est ce que je pense réaliser après avoir vu cette suite nullissime.

  • Because fuck you: adapter un comic ne donne pas le droit de chier sur la notion même de scénario en offrant une histoire d’une platitude sans limite.
  • Because fuck physics: même dans un film sur des tortues géantes qui sauvent le monde, il y a des choses que je ne peux pas accepter. Comme un avion qui se redresse (au dernier moment, naturellement) alors qu’il n’a plus…d’empennage. Normal.
  • Characters Casey Jones est complètement inutile, même pas capable de choper cette coquine de Megan Fox; le duo Bebop et Rocksteady est d’une lourdeur, mais d’une lourdeur; Krang est tout simplement dégueu et sans aucun charisme, un vrai méchant pour faire peur aux moins de 8 ans.
  • Because fuck directing, on a droit à tous les clichés en terme de « réalisation »: plans aériens de New-York en veux-tu en voilà, visuel très basique de l’ADN en mutation, et j’en passe.

 

En bref un film qui se fout bien de notre gueule et qui rate sa cible, notamment en s’axant sur un humour très pré-ado; c’est regrettable quand des films comme Zootopia fédèrent petits et grands derrière un humour qui ratisse large.

Cela me peine de dire cela, mais il faut arrêter les frais avec cette saga.

affiche-ninja-turtles-2-teenage-mutant-ninja-turtles-2-2016-1


The fundamentals of caring [Netflix Only]

Maintenant il y a des films qui ne sortent que sur Netflix, et même des pas trop mauvais. Il me manquait donc une catégorie.

Film adapté d’un roman à succès, présenté pour la première fois à Sundance et acheté « sur place » par le géant américain. Aucune prise de risque donc, surtout pour un film aussi peu cher (8,5 millions de dollars, malgré un gros casting), tendance qui se vérifie également avec un scénario classique mais efficace.

Un adulte paumé cherche à retrouver goût à la vie tout en illuminant celle d’un enfant handicapé, le tout avec un road trip. Vu et revu, mais avec un casting aux petits oignons… Paul Rudd le « boy next door », le gendre idéal, est un choix idéal pour interpréter ce mec paumé mais profondément bon; Craig Roberts, que l’on a pu apercevoir dans Submarine, The Double ou encore dans 22 Jump Street, est pile poil dans le rôle du jeune handicapé, cherchant à provoquer quand il le faut mais aussi vous arracher une petite larmichette; Selena Gomez a retrouvé sa tronche de gamine pour un rôle de jeune rebelle qui lui ne va pas si mal; enfin Bobby Cannavale assure un mini rôle, mais un rôle très sympa !

 

En bref un petit film bien feel good et toujours utile pour aider à faire comprendre que les handicapés ne demandent qu’à être charriés comme tout le monde.

Parfait pour une soirée Netflix sous le plaid !

fundamentals-of-caring-poster


Tout de suite maintenant

Je vois une comédie collégiale au casting en or (Isabelle Huppert, Jean-Pierre Bacri, Lambert Wilson, Vincent Lacoste, Pascal Greggory), je me dis que je vais passer un bon moment. Quelle prise de tête au final…

Bien que Pascal Bonitzer soit tout sauf un débutant, on se croit face à un premier film: le propos, insaisissable, est profondément pompeux; les dialogues tentent plusieurs envolées « audiaresques », parfois bien senties, mais n’est pas Audiard qui veut. Le film multiplie les circonvolutions, bombant le torse tel le paon majestueux, pour s’achever comme une simple love story.

Heureusement le casting est de premier choix: Isabelle Huppert, belle et digne, livre une très belle performance; Vincent Lacoste prend encore du galon, dans un sous-registre qu’on ne lui connaissait pas encore; Lambert Wilson fait du Lambert Wilson et Jean-Pierre Bacri imite Jean-Pierre BacriAgathe Bonitzer, fille du réalisateur, est froide et insupportable: je suppose que le rôle voulait ça, ou qu’il a été pensé pour elle !

 

Un film un peu pompeux, avec des effets gros comme des mobil-homes, et qui ne parvient jamais à trouver son propos ou son registre.

Certains y verront sa force, je décide d’y voir une lacune.

tout-de-suite-maintenant


Dans les forêts de Sibérie

Sylvain Tesson est un peu mon gourou: j’ai dévoré tous ses livres afin d’échapper à ma condition de citadin en suivant sa folle vie de gentleman globe-trotteur. Dans les forêts de Sibérie a toujours été mon préféré.

Alors vous imaginez bien que quand on m’a annoncé une adaptation, qui plus est avec Ibrahim Maalouf (un des plus grands compositeurs actuels, c’est dit) aux commandes de la musique, j’ai eu très peur. En effet, comment retranscrire au cinéma un tel exercice d’introspection et de retour aux sources ?

Ce pari, justement, n’a pas été relevé: ce film n’est pas une adaptation. Une adaptation fidèle eut été un objet cinématographique médiocre. Ce film est donc une histoire de relation humaine plus que de retour à la nature: notre héros incarné par Raphaël Personnaz (excellent choix, ne serait-ce que pour la ressemblance physique; mais pourquoi l’avoir appelé Teddy ?!!) se lie d’amitié avec un ermite en cavale joué par Evgueni Sidikhine (très connu en Russie, paraît-il). Cette très libre adaptation ayant été proposée par l’écrivain lui-même, on ne peut que l’apprécier.

 

Une belle histoire, une suite de paysages à vous couper le souffle avec énormément de silence et un petit peu de trompette; pas éco-moralisateur pour un sou, la splendeur du lac Baïkal se suffit à elle-même. Ce qui veulent mettre des images sur l’expérience du livre se reporteront sur le mini film tourné par Tesson lui-même pendant son séjour au Baïkal (disponible sur YouTube, 6 mois de cabane au Baïkal).

247857.jpg-c_215_290_x-f_jpg-q_x-xxyxx


Le secret des banquises

Premier film d’une jeune et apparemment talentueuse scénariste de la Femis, je suis allé voir ce film annoncé comme absurde avec l’esprit complètement ouvert. J’étais d’autant plus disposé à passer un bon moment que Charlotte Le Bon m’a frôlé à de plusieurs reprises avant le début de cette avant-première…

Passé un temps d’adaptation à un format d’image assez serré qui donne une fausse impression de téléfilm, j’ai fini par apprécier ce film loufoque et attachant comme seuls les jeunes réalisateurs français savent les faire. Comme un air de Tristesse Club, ou Des nouvelles de la planète Mars (deux bonnes références !).

Naturellement ce premier film n’est pas exempt de défauts: une fin un peu longuette et dont on voit bien venir le dénouement, des effets spéciaux parfois un peu cheap (notamment le rendu de la banquise, recrée sur fond bleu), ou encore un bébé pingouin en animatronique d’une qualité laissant à désirer (certains diront que cela lui donne tout son charme).

Côté casting: Charlotte Le Bon, bien que très juste dans sa façon d’interpréter la jeune thésarde peu sûre d’elle, n’en reste pas moins très attachante et surtout très souvent peu vêtue; Guillaume Canet confirme, après des prestations appréciées dans Les infidèles ou Un ticket pour l’espace, qu’il excelle dans la comédie; enfin Damien Chapelle, jeune acteur belge qui multiplie les films salués par la critique, est assez drôle pour être remarqué dans le relativement petit rôle du laborantin amoureux de ses souris.

 

En bref un film léger, aérien, qui n’a pas la prétention de réinventer quoique ce soit mais juste de vous transporter pendant 1h20. Un conte quoi !

PS: ne pas confondre avec Le secret de la banquise, film de 1979 avec Donald Sutherland !

13077000_10154187433684791_4565647245550770776_n