Rock ‘N’ Roll

Quelle campagne de promo ! Les tweets du couple Canet / Cotillard en mode guerre de photos honteuses, les affiches « faussement vandalisées », la psychanalyse publique d’un Guillaume Canet qui essaie de rebondir : tout cela ne me plaisait guère. Et pourtant la perspective de voir Canet se lâcher complètement, comme il a pu le faire dans Les recettes pompettes (à voir !) à l’occasion de la promotion du film, était alléchante.

En bref on obtient un film feel good avec quelques scènes hilarantes/potentiellement cultes, on pense notamment à la séquence Céline Dion ou au toucher rectal, de bonnes idées comme affubler Marion Cotillard d’un accent québécois qu’elle maîtrise à la perfection, ou encore caster la sublimissime Camille Rowe Pourcheresse (Oh mon Dieu !). On apprécie également les caméos pleins d’humour et d’autodérision de Ben Foster et Johnny Hallyday, ou les engueulades des frères Attal.

En revanche, on soupire devant la dernière demie-heure du film : erreur d’écriture, erreur de montage, cette fin interminable ternit grandement le souvenir immédiat du spectateur qui va débriefer son film au PMU du coin (ah bon, je suis le seul à faire ça ?).

 

On retiendra les délires perchés du couple star, qui auront un petit avenir sur YouTube, mais ce film sera bien vite oublié !

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Underworld : Blood Wars

Il y a des amours de jeunesse qu’on ne saurait oublier : Kristin Kreuk dans SmallvilleLiv Tyler dans le Seigneur des Anneaux (dans tous ses films !), mais aussi et surtout Kate BeckinsalePearl Harbor, Van Helsing, la saga Underworld, même dans Click putain…je suis accro.

Tout commence, comme chaque film de la saga, par un bref résumé des événements conté par la voix suave de la belle anglaise…ok, j’arrête. Le latex me monte à la tête.

On ne va pas se mentir, le dernier bon élément de la sage était pour moi le 3…pourtant sans Kate. Celui-ci ne change pas la donne.

Quelques bonnes idées tout de même, comme les charmants vampires du nord ou l’arrachage de colonne vertébrale. La bataille finale n’est pas dégueu non plus.

 

Il faut dire ce qui est, désolé pour les messieurs en couple : 95% de l’intérêt de ce film réside dans la présence de Kate en latex. Bon courage pour vendre ça à votre meuf !

PS: et ouais, il y a aussi la déclinaison « grand nord » du costume…

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Les derniers parisiens

Ils sont bons chez Haut et court hein…parce que franchement pour réussir à pondre une bande-annonce un peu arty / à la Winding Refn à partir d’une merde pareille, faut oser.

Ce film n’est rien de plus qu’un délire entre potes wesh wesh qui, au surplus d’être d’un vide intersidéral, réussit l’offense de créer un point noir dans la filmographie de mon bien-aimé Reda Kateb.

Pourtant ma séance commençait bien : assis entre Joeystarr et Disiz la peste, en présence de tout le cast (à l’exception de Mélanie Laurent, qui s’est manifestement perdue dans cette galère), dans une salle chaleureuse. Et puis, à l’image de l’ancien chanteur de NTM qui a fini par insulter ses voisins qui tentaient de le faire taire alors qu’il parlait à haute voix depuis cinq bonnes minutes, tout est parti en sucette avec les premières images.

Entrecoupé de « portraits » de « personnalités » du quartier de Pigalle, pour se donner une caution artistique, ce film est une succession de dialogues vides au milieu d’une histoire sans queue ni tête. L’histoire du petit frère sorti de prison qui organise des soirées « Fuck me I’m Famous » de 200 personnes dans le vieux rade PMU de 50 m² de son frère (cherchez l’erreur spatiale), le tout avec un argent à la provenance douteuse.

Je vous propose donc une liste, qui ne peut réalistiquement être exhaustive, de tout ce qui ne va pas avec ce film : Reda est aussi peu crédible en racaille que la relation amoureuse entre Slimane Dazi (acteur que j’apprécie par ailleurs) et Mélanie Laurent (si si, ils ont osé); un dialogue de fin aux airs de morale à deux balles (« la nouvelle génération sans grands frères a fait de son mieux…bla bla »); des aspects juridiques, pourtant simples et importants pour l’intrigue, complètement improbables même pour un non-juriste, etc…

Même la bande originale (ou plutôt le thème, puisqu’il n’y en a qu’un) est pourrie ; les réalisateurs étant rappeurs (La Rumeur), on pouvait au moins s’attendre à du bon rap en fond sonore… Et bien non : je n’aurai eu droit, pour seul contexte olfactif, qu’aux odeurs de kebab (véridique) et aux insultes de Joeystarr.

 

Du vide sur du vide, du film de kaïra par des kaïras pour les kaïras : je n’ai rien contre le cinéma « de niche », mais personne ne mérite ça.

Ils ont sali mon Reda, je ne le pardonnerai jamais.

PS: comme pour chaque énorme déception sur ce blog, l’affiche est remplacée par des petits chatons.

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Lion

Avant-première exceptionnelle en présence de Nicole Kidman et Dev Patel ? Même pas besoin de regarder pour quel film : je dois y aller. Après visionnage de la bande-annonce je me dis que rien ne m’empêchera de partir avant la projection, une fois imprimée dans mon cerveau l’image de la grande australienne.

Malgré tous ces a priori, ce film m’a emporté jusqu’à un final que je n’oublierai jamais.

 

Sans trop vous en dévoiler, c’est l’incroyable histoire vraie d’un petit indien d’une famille extrêmement pauvre qui va bêtement se perdre pour, après d’horribles péripéties, se faire adopter par un adorable couple australien.

La première partie du film, portée par le jeune et inconnu Sunny Pawar (quelle bouille incroyable !), est d’une dureté sans pareille : traite d’enfants, indifférence de la population, violences…triste tableau d’une société indienne dépassée par sa démographie.

La seconde suit l’évolution du jeune adulte, brillamment incarné par Dev Patel (présent à l’avant-première, il m’a surpris par son humour et surtout un sens inné de la classe; ah ces britanniques !), et c’est selon moi la plus intéressante. On y découvre en effet la difficile quête d’identité de tous les adoptés déracinés: entourés de jeunes de son âge, cet homme au physique clairement indien se considère comme un pur australien et ne partage rien avec les « vrais » immigrés ou étudiants en échange. Jusqu’à un électrochoc émotionnel, scène absolument bluffante qui mérite à elle seule de donner l’Oscar (du meilleur second rôle, va savoir pourquoi) à M. Patel.

Par ailleurs, on ne peut s’empêcher de faire un parallèle avec l’acteur anglais : cantonné à jouer des rôles de petit indien des bidonvilles alors qu’il n’avait jamais mis les pieds en Inde avant d’être acteur…

 

En bref : la bande-originale est extrêmement efficace, Kidman est enlaidie au possible mais assez touchante, Rooney Mara est toute mignonne et Faramir a un petit rôle.

 

Pour un premier long, l’australien Garth Davis offre un film construit et maîtrisé de A à Z, porté par une histoire incroyable mais vraie.

La fin, aussi prévisible que bouleversante, a concomitamment produit en moi des frissons et des larmes : le jeu de Patel, la musique, la lumière, tout y est parfait.

 

Un film chialade à ne pas rater.

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Lego Batman, Le Film

La Grande Aventure Lego, sortie en 2014, était une belle tranche de rire. Batman était déjà présent ; le calcul a été vite fait, hop on fait un autre film.

Et pourtant il est loin d’être bâclé ! Dès le début, littéralement dès le premier fond noir, la voix de Will Arnett (le génie de, entre autres, Arrested Development) balance de la vanne à deux cent à l’heure. Et cela continuera pendant une heure quarante.

Mais attention il n’y a pas que des vannes : action, émotion, et surtout références pop (musique, cinéma, etc) et geek (univers DC et comics en général) dans tous les sens. Le tout est bien aidé par le répertoire de droits de la Warner Bros (qui coproduit le film), contenant entre autres Le Seigneur des Anneaux, Harry Potter, King Kong, etc… Et je ne vous parle même pas des clins d’œil à la saga Batman, y compris au film culte de 1966 !

Enfin le casting (à voir en VO, évidemment !): Zach Galifianakis en JokerMichael Cera en Robin, Rosario Dawson en Barbara Gordon, mais aussi Ralph Fiennes, Jonah Hill, Channing Tatum, Mariah Carey, Conan O’Brien, Eddie Izzard, Zoë Kravitz, et même le réalisateur Chris McKay ! Wow…

 

En bref un excellent moment de détente, qui vaut mille fois Batman v. Superman : L’aube de la justice qui coûte pourtant…170 millions de dollars de plus !

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Jackie

Autant vous le dire tout de suite, je suis loin d’être un fan de Natalie Portman (oui je sais, même si elle a joué dans Black Swan et Garden State !). Alors un énième biopic, qui plus est sur une personnalité qui n’a pas tout à fait marqué les jeunes français des années 90…

Et pourtant j’ai fait l’effort, à défaut de film non vu à l’affiche… J’eus mieux fait de rester chez moi !

Ce film n’a pas de propos : sans nécessairement proposer une (re)lecture de l’histoire comme le JFK d’Oliver Stone (1991), un film historique se doit de présenter un angle…sans quoi ce n’est qu’un documentaire en images.

Ici le seul enjeu est le « combat » d’une first lady, qu’on croyait potiche ou presque, pour instaurer le mythe de son mari fraîchement décédé sur ses genoux. Le tout avec 90% de gros plans sur sa chevelure impeccable et les mimiques faciales et corporelles que l’actrice a du se donner tant de mal à apprendre. Mouais…

Cette performance qui lui a valu une nomination aux Oscars, parlons-en : bien que n’ayant pas assez travaillé les images d’archives pour évaluer le niveau de mimétisme, je conçois cependant aisément qu’un gros travail ait été effectué. Mais n’est-ce pas là le travail « de base » d’un acteur : copier ?

Par ailleurs la prouesse, notamment vocale, est bien aidée par la réalisation : format d’image (VistaVision et 4/3), grain de l’image, son saturé comme sur les vieilles télévisions… Autant d’effets qui sont d’ailleurs assez pénibles pour le spectateur à la longue.

Côté casting secondaire (c’est peu de le dire, tant nous n’avons droit qu’à l’ex first lady) : Peter Sarsgaard incarne posément le bienveillant Bobby Kennedy, quand Billy Crudup interprète sans trop d’effort le journaliste qui pousse Jackie à raconter sa version de l’assassinat.

 

En bref, ce film principalement français (bien que l’on note la présence de Darren Aronofsky à la production) est bien américain comme il faut : montrer les coulisses de la construction du mythe, non pour le dénoncer mais pour le glorifier davantage !

Si Natalie remporte l’Oscar avec ça…personnellement, je vote Ruth Negga dans le sublime Loving (soyez patients !) !

 

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Moonlight

Annoncé comme LE petit chef d’oeuvre du moment, ce film traitant d’un sujet rare (l’homosexualité dans les quartiers « difficiles ») pâtit sans aucun doute du monstre La La Land sorti concomitamment (et tout de même plus accessible après une journée de travail). Et pourtant, quel chef d’oeuvre.

Le fond tout d’abord : la découverte et l’acceptation de l’homosexualité, thème difficile à aborder s’il en est, est ici approché avec une justesse et une tendresse sans pareil. Rien n’est caché, rien n’est là pour choquer. Spot on.

La forme ensuite : la réalisation de Barry Jenkins (jeune réalisateur multiprimé pour Medicine for Melancholy) est exigeante sans jamais tomber dans la prétention (Terrence M. si tu nous entends !) ; chaque plan et mouvement de caméra est pensé pour servir le propos de la scène. Le tout pour seulement 5 millions de dollars.

Le casting enfin : les trois acteurs qui interprètent le personnage principal à chaque étape de sa vie, inconnus ou presque, sont de très belles découvertes (notamment le plus jeune, figure de l’affiche, qui est bluffant) ; Janelle Monae, chanteuse de talent, incarne à merveille la douce mère de substitution du héros. Mention spéciale à Mahershala Ali, alias Remy Danton dans House of Cards (ou le personnage central de la série Les 4400, pour les fans !), crève littéralement l’écran dans le rôle du dealer humaniste mis face à ses contradictions.

 

Ce film mérite toutes les louanges du monde, parce qu’il montre une figure trop rare au cinéma (l’homosexuel qui n’est pas « une fofolle ») et qu’il le fait avec une justesse graphique incroyable.

A voir absolument !

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