Le Roi Arthur : La Légende d’Excalibur

Mais quel teasing, quelle campagne de promo ! Je devais le voir. A part Agents très spéciaux : code U.N.C.L.E, très raté selon moi, il faut avouer que le Guy Ritchie nous a rarement déçu.

Scène d’introduction, déjà des combats : on en prend plein les yeux ! Et cela va continuer pendant deux heures, avec des effets visuels impeccables quand ils ne sont pas bluffants (je pense notamment à la première scène où Excalibur est utilisée).

Sur le montage et le découpage des séquences, on retrouve évidemment tous les gimmicks du réalisateur britannique (entre autres : fastcutting avec fort accent anglais en voix off, résumé accéléré de plusieurs années, scènes de vol où l’on suit de personnage en personnage, etc) et même certains de ses acteurs fétiches.

La réinterprétation du mythe, de cette légende usée s’il en est, est relativement habile : utilisée comme toile de fond certes, mais savamment réinterprétée quand il le faut (la proposition visuelle de comment Excalibur se trouve emprisonnée dans la pierre, notamment).

Côté casting, c’est quand même du bon produit : Charlie Hunnam, toujours plus baléze, assure le job haut la main et c’est tout ce qu’on lui demandait ; Jude Law n’est pas si mauvais dans le rôle du méchant on ne peut plus archétypal ; Astrid Bergès-Frisbey, alias Syrena (n’oubliez jamais), est toujours aussi pénible que son nom est relou à écrire en raison notamment du ton le plus monocorde de l’Histoire ; enfin on adore la présence de Djimon Hounsou (Gladiatorrrrrrr) et celle, trop furtive mais ô combien imposante, d’Eric Bana. Et oui, il y a bien un caméo de Monsieur David Beckham.

 

Ajoutez à cela une bande-originale assez grandiloquente, un combat final très jeu-vidéo mais tout de même à couper le souffle, 175 millions de dollars, et vous obtenez un excellent film d’action qui vide la tête.

Seule mauvais nouvelle, ça pue la suite…


Message from the King

Cinquième long-métrage d’un réalisateur belge relativement peu connu, Fabrice Du Welz, on peut se demander comment j’ai atterri dans cette salle en un bel après-midi ensoleillé. C’est le pouvoir merveilleux des bandes-annonces, sorte d’antiquité qui fonctionne encore sur quelques débiles dans mon genre. Autant vous dire que dans ce cas précis, je le regrette fortement.

AH il sont bons chez The Jokers : tirer cette bande-annonce pleine de bastons et de promesses d’un film aussi vide et aussi peu maîtrisé, c’est une prouesse en soi.

Faisons une liste (non exhaustive, je ne suis qu’un homme) de tout ce qui cloche dans ce film, cela ira considérablement plus vite :

  • les dialogues sont mauvais à un niveau rarement atteint, qui touche au surréalisme, et qui vous offrira les quelques sourires que l’absence d’humour vous aura volés ;
  • l’acteur principal (Chadwick Boseman) devient le spécialiste officiel des accents africains extrêmement caricaturaux (il incarne en effet également le super-héros le plus stéréotypé de l’univers Marvel, j’ai nommé La Panthère Noire !) avec cette performance d’accent sud-africain à vous faire saigner les oreilles ;
  • une réalisation de débutant, inacceptable pour un réalisateur relativement expérimenté (quatre longs, ce n’est pas rien !) et qui a quarante-quatre ans, avec effets téléphonés et plans se voulant arty et/ou « à la manière de » (Almodovar, notamment).

Enfin, et c’est surtout là que le bât m’a blessé (m’a tué oui !), les scènes de combat sont très peu nombreuses et de piètre qualité. Quand on est venu que pour ça, c’est assez con.

 

C’est en somme une énorme déception que ce film déconstruit et sans aucun intérêt, histoire vue et revue de l’enquête /vendetta, mais avec Drago Malfoy et un Luke Evans au bout de sa vie en bonus.

Et ne parlons même pas de la « tentative de twist final », pathétique.

A fuir.


Problemos

Je suis relativement fan de l’univers d’Eric Judor : mélange savant d’humour Canal + et de loufoquerie à la Quentin Dupieux, ce sont toujours des films/séries légères mais jamais vulgaires. Quand en plus le scénario a été confié à une ancienne du Jamel Comedy Club (Blanche Gardin) et à un des meilleurs auteurs français actuels, en la personne de Noé Debré (La résistance de l’air, Les cow-boys, Dheepan, et tout plein de bonnes séries françaises), il faut foncer.

Qu’il est plaisant de voir se dérouler 80 minutes de vanasses, non stop, sans pour autant que le scénario soit « vide »: tout est prétexte à faire des petites punchlines, et on adore. Je suis tout particulièrement fan des blagues prononcées en fond, presque annexes aux dialogues, et qui passent comme des lettres à la poste. On retiendra également quelques répliques bien senties, comme cette invective aux forces de l’ordre lors d’une manifestation : « On est non-violents, enculé ! ».

Le tout est rendu possible par un excellent casting de petits seconds rôles, têtes connues ou inconnues : mentions spéciales à Marc Fraize et Youssef Hajdi, tout bonnement excellents. Judor, fidèle à lui-même, est impeccable en Monsieur tout le monde couard comme pas deux.

Au surplus, et c’est peut-être chercher plus loin que ce film ne le mérite, mais la métaphore de la société (élites, aristocratie contre communisme, etc) n’est pas si stupidement présentée !

 

En bref, une excellente surprise : une petite pépite Canal + comme on les aime.

Parfait pour votre samedi ou dimanche après-midi pluvieux.


Tunnel

Troisième long-métrage d’un réalisateur sud-coréen dont j’avoue que j’ignorais l’engouement qu’il suscite, Kim Seong-hoon, je n’avais finalement que peu de raison d’offrir à ce mystérieux huis clos deux heures de mon week-end prolongé. Grand bien m’en a pris !

Bien loin du sensationnalisme à l’américaine (Mark Wahlberg si tu me lis !), enfin un film « catastrophe » qui n’oublie pas de parler d’individus et ne traite pas que du genre humain en général, dans toute la splendeur de son élan solidaire. Ici c’est avant tout de l’acharnement d’un homme, incarné à merveille par Oh Dal-soo, que dépend le sort de notre héros coincé pendant de nombreux jours après l’effondrement d’un tunnel.

Au-delà de ces deux personnages liés malgré eux, seulement trois figures notables : la femme de la « victime », incarnée par une tête aperçue dans l’excellent Cloud Atlas à savoir Bae Doona ; la classe politique, notamment sous les traits d’une première ministre au flegme risible, véreuse et impuissante ; mais aussi et surtout les médias, voyeurs pervers et gênant en permanence les sauveteurs, clairement dépeints comme néfastes…bien qu’utiles.

Sans oublier l’humour, bien présent (mais sobre quand même, ça reste du cinéma asiatique sérieux !).

 

En bref une excellente petite surprise en ce qui me concerne, doublé de cet indicible plaisir de découvrir un réalisateur (a fortiori asiatique) dont on sent qu’il va rester dans le paysage !


Get Out

Film « du moment », dont tout le monde parle, je n’en savais étrangement pas grand chose tant les gens semblaient avoir du mal à le décrire. Je comprends maintenant pourquoi.

Inclassable film d’ambiance à la Kubrick et drôle à la fois, tout en traitant intelligemment de la question raciale aux Etats-Unis, l’humoriste et désormais cinéaste Jordan Peele fait très fort.

La réalisation, aussi bien dans la construction des plans et le montage que le délicieux crescendo du malaise, n’est pas bien loin du sans-faute ; le casting, jusque dans les rôles secondaires (Bradley Whitford, Caleb Landry Jones, Stephen Root, Catherine Keener), est tout simplement impeccable. Mention particulière pour Lil Rel Howery qui assure presque à lui seul tous les traits d’humour du long-métrage.

Le personnage principal est également un excellent choix : Daniel Kaluuya, aperçu dans Sicario mais surtout dans un des meilleurs épisodes de Black Mirror, incarne à merveille la jeune « victime » un peu naïve mais loin d’être idiote de cette curieuse histoire.

 

Quel plaisir de découvrir un film indéfinissable, maîtrisé de A à Z, a fortiori pour un budget ridiculissime de 4,5 millions de dollars !

Possiblement culte.


Les Gardiens de la Galaxie Vol.2

Si le premier opus m’avait offert un excellent moment (comme en atteste mon billet à chaud, inviolé depuis !), je ne faisais néanmoins pas partie des fans criant au génie et au renouveau de la formule Marvel. Curieusement, j’ai été plus emballé par cette suite à gros enjeux !

Commençons par mon seul reproche, d’ailleurs relayé par l’ensemble de la presse (voir par exemple ce bref post du Figaro)  : on rit souvent gras, et pile poil quand on nous l’indique fort explicitement. Voilà, fin du micro bashing.

La séquence d’ouverture, qui réunit tous les ingrédients de la désormais franchise (baston, humour, musique rétro), est tout simplement incroyable : visuellement impeccable, déjà drôle. On est hooked, comme disent les ricains.

Au fur et à mesure que les 2h16 (que je n’ai pas vu passer) se déroulent, on est épatés par : la qualité du casting second rôles, parfois pour des apparitions de quelques secondes seulement (Sylvester StalloneTommy Flannagan, Michelle Yeoh, et tant d’autres) ; la qualité visuelle des plans, relativement construits pour un film « de super-héros »/Marvel; enfin le scénario qui, bien que sublimement Hollywoodien et donc manichéen, réserve quelques surprises et bons moments.

La soundtrack, personnage plus important chez les Gardiens que Gamora, est toujours impeccable : excellent ratio tubes oubliés sur tubes éternels, et surtout plus belle utilisation de Father and Son depuis Good Morning England. C’est vous dire.

Enfin, et je ne pouvais éluder ce point, Baby Groot : je trouvais la ficelle du cute un peu grosse, mais j’avais tort. Il est adorable, et c’est comme ça.

 

En bref, ce deuxième volume est celui de la libération : le cap de la découverte de l’univers et de l’initiation des personnages étant dépassé, le WTF peut enfin prendre toute sa place aussi bien scénaristiquement que visuellement. Exactement ce que j’attendais.

PS: attention, plusieurs scènes post-crédits.

PS 2 : on veut plus de Howard the Duck !


Power Rangers

Je suis loin d’être un « fan » des Power Rangers, et croyez-moi il y en avait plus d’un à cette avant-première ; mais, mine de rien, j’ai quand même eu quelques figurines et autres robots démontables dans mon enfance. Je me suis donc laissé tenter.

Et ce fut rafraîchissant ! C’est tout simplement un bon gros teen movie (on adore les transitions et les plans à la Smallville) reprenant les codes et références d’un univers qui compte plus de fans qu’on ne pourrait le penser.

100 millions de dollars de budget, à mettre en face d’un réalisateur de 32 ans (auréolé du succès de Projet Almanac, film pas cher mais rentable produit par Michael Bay) et d’une bande de jeunes acteurs tous inconnus au bataillon. Il n’y a que des américains pour faire cela…

Il faut aussi une sacrée paire pour convaincre Bryan Cranston de se joindre au projet (bien que seulement via une sorte d’hologramme) et Elizabeth Banks, pourtant au sommet de sa carrière, de se ridiculiser à un point rarement atteint dans le rôle aussi archétypal (le mot est faible) que risible de la méchante qui contrôle l’or (avec sa créature « Goldar », cela ne s’invente pas).

Les deux premiers tiers du film sont donc un teen movie où les adolescents apprennent à se connaître et à « faire une force de leurs différences » (beuuurk) : autant dire qu’on s’emmerde un peu, bien que le ridicule soit souvent cocasse. Le dernier tiers s’excite un peu (enfin !), avec de bons gros sons (notamment un magnifique Power de Kanye West, utilisé à merveille) pour accompagner les combats de robots (ou « zords », naturellement) que l’on attendait depuis le début.

 

En bref un bon gros divertissement au côté gras assumé ; loin d’être parfait en raison notamment du fait qu’il ne constitue qu’un prologue, de ce qui est déjà annoncé comme un arc narratif de…six films.

Oui oui.