L’Odyssée

Quand tu reprends Homère dans ton titre et que tu fais un biopic français à 30/35 millions d’euros, t’es plutôt attendu…a fortiori quand tu es un des rares réalisateurs français « d’ampleur » internationale, et que tu sors d’un succès (Zulu, que je dois voir depuis trois ans).

Quelle déception…il y a dans ce film quelque chose de faux, qui résonne dans votre tête du début à la fin. Tout d’abord dans les dialogues, écrits avec les pieds et/ou selon des standards de telenovela ; mais aussi et surtout dans les transitions et la façon dont on voit venir chaque support émotionnel à des kilomètres. Cousteau est triste, sa femme lui dit que la bibliothèque n’est pas réparée: tu sais qu’elle va tomber et qu’il va retrouver le livre qu’il lisait à ses enfant quand ils étaient petits. Encore plus lourd ? Pas de problème : on te met en off la voix des enfants qui parlent comme au début du film, et hop c’est comme ça que le Cousteau a eu l’idée d’aller en Antarctique. Une lourdeur…

Le côté pataud de l’écriture se retrouve également dans la construction des personnages: l’opposition entre le fils idéaliste et pionnier de l’écologie et son père mégalo et insensible est plus que manichéenne, elle est archétypale et ridicule. Par ailleurs, Audrey Tautou est aussi crédible en matrone d’équipage alcoolique que Léa Seydoux en SDF et le personnage de « Bebert » (plutôt bien interprété par l’inconnu Vincent Heneine) a un accent marseillais qui vous rendra fou (et dont on ne sait pas trop s’il est vrai, tellement il fait faux; vous m’avez compris).

 

Et les paysages alors, me direz-vous ? Honnêtement pour 30 millions, c’est loin d’être la panacée…seule la fin en Antarctique offre des vrais plans orignaux et splendides, mais un film comme La glace et le ciel (à voir absolument !) le fait mille fois mieux. La morale écologique, bien évidemment louable, est tellement mal amenée et mal portée par un Cousteau vieillissant qui a la révélation de sa vie grâce à son fils…que ça donnerait presque envie de recouler le Rainbow Warrior.

 

En bref: un beau gros gâchis d’argent, Lambert Wilson tout maigre puis tout maigre et vieux, plein de fausses barbes dégoûtantes, quelques jolis plans aquatiques mais qui ne valent pas les 30 documentaires que vous pouvez voir sur Netflix, et enfin beaucoup d’accent à la bouillabaisse et de regards au loin « que c’est beau la mer ».

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