Jason Bourne

Sans être un fan de la saga, que je n’ai dû voir qu’une seule fois, je n’en attendais pas moins de belles choses de ce quatrième opus (désolé Jeremy Renner, tu ne comptes pas). Quelle déception.

Ce film est une suite de filatures souvent interminables dans les grandes villes du monde entier, avec tout plein de figurants et Matt Damon qui se faufile, sur fond de musiques sans aucun intérêt vous dictant vos émotions; ajoutez à cela deux courses-poursuites et une conférence, et vous avez tout le « scénario » du film. Ah non, j’oubliais Jason Bourne qui essaye de reconstruire son passé et donc son identité…à grand renfort de flashbacks interminables et grossièrement stylisés (la génération filtres Instagram ?), dont certains reviennent trois fois (trois fois !) pour que le brave spectateur comprenne bien de quoi on parle.

Le tout est terriblement prévisible: la mort de machine pour que le héros récupère tel objet, le retournement de machine bis qui tombe sous le charme mais en fait non; en toute modestie j’ai tout vu venir d’assez loin, et l’action a confirmé mes prédictions mais souvent en plus caricatural encore. Enfin, je vous passe les nombreuses aberrations technologiques/physiques: le sniper à 600 mètres avec un silencieux ou la reconnaissance faciale dans les lieux publics qui, sans parler du fait qu’elle marche drôlement bien dans ce film, semble identifier tout le monde sauf notre petit Jason qui se ballade à sa guise visage découvert.

Et que dire de Jason Bourne lui-même ? Il est tout simplement effacé, ne sachant que se prendre la tête sur son passé et défoncer des têtes contres des murs. Le véritable héros de ce film, et ce jusqu’à la dernière image, est le nouveau personnage incarné par la magnétique Alicia Vikander. Il n’est d’ailleurs pas exclu qu’elle revienne… Vincent Cassel interprète le méchant français, tueur froid qui bute à peu près tout ce qui bouge (pas un problème pour la CIA dans ce film…).

Mais ce qui est selon moi le plus gros point noir de ce nouvel opus, c’est la réalisation de Paul Greengrass: le temps passant, sa passion pour le fast cutting et les zooms saccadés a viré à l’obsession. Et le résultat pour le spectateur est tout bonnement à gerber. Quel dommage, notamment pour des scènes comme la course-poursuite de Las Vegas (dont une vidéo du tournage avait été rendue publique) ou la baston finale avec le méchant Vincent Cassel: on voit bien à l’écran l’investissement en travail de préparation et en argent, mais on ne peut en profiter tant on a mal à la tête. Le fast cutting étant un procédé « cache-misère », on se demande pourquoi Greengrass s’entête…

 

Le cœur de la communication autour de ce film, dans tous les médias, reposait sur le prêche suivant: « Jason Bourne n’est pas James Bond, c’est un homme comme vous et moi sans gadget ni millions à dépenser ». Pourtant ce nouvel opus, avec son grand méchant très caricatural qui veut contrôler le monde (Tommy Lee Jones) avec l’aide d’un magnat des réseaux sociaux et sa jeune fille qui tombe sous le charme du bad boy alors que tout lui interdit, revêt de sacrés airs de l’espion anglais !

Belle déception que ce film…je m’en vais revoir les premiers, cela vaudra mieux.

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