Where to invade next [Berlinale]

Comment ne pas apprécier Bowling for Columbine ou, dans une moindre mesure, Fahrenheit 9/11, avec mon œil extérieur d’européen pour qui les contradictions états-uniennes sont évidentes ?! Mais quand le spécialiste des documentaires à charge, Michael Moore donc, commence à parler du vieux continent…les choses partent en vrille.

En effet ce film n’est pas, comme le piètre festivalier que je suis avait pu le penser, une énième critique de la politique militaire américaine, mais une espèce d’interminable louange envers les sociétés européennes que Moore vient « coloniser ».

Le travail de vulgarisation (lisez démagogie) du réalisateur ne dérangeait pas quand il s’adressait aux « bons idiots » de son pays, dont il entendait réveiller les instincts révolutionnaires. C’est ici finalement la même chose, sauf que les arguments avancés concernent directement des sociétés que le spectateur européen connaît bien ! Et qui n’est donc plus dupe…

Prenez par exemple l’Italie, choisie dans le film pour vanter les mérites des droits salariaux: voyez ce couple d’ouvriers, charmant au demeurant, qui peut se payer deux voyages par an pour profiter de ses cinq semaines de congés et parfaire son bronzage impeccable. Mais qui trompe-t-on, dans un pays qui compte près de 10 millions de « très pauvres » dont presque la moitié en « précarité extrême »?

Ou voyez ensuite la France, choisie pour montrer la qualité de nos cantines scolaires: n’est-elle pas mignonne cette petite école, qui sert des fromages affinés à la main chaque midi et force les petits enfants de toutes les couleurs à finir leurs haricots verts ? Mais de qui vous moquez-vous…

 

Alors on me dira: « Moore ne prend volontairement que certains points positifs dans chaque pays européen, comme autant de bonnes idées à reprendre aux États-Unis » ! Mais justement non. Une société est un équilibre, et l’on ne « prend » pas des idées une par une.

Ce film est d’autant plus dangereux que les « choix » sont parfois honteux: le réalisateur ose mettre en avant que l’Iran est la première nation en recherche sur les cellules souches, ou encore présente le leader du parti islamiste égyptien comme un grand progressiste car il n’est pas contre le droit de vote des femmes.

En bref, Michael Moore a inventé l’ochlocratie cinématographique ! En témoigne un des derniers pays du film, à savoir l’Islande, mis en avant pour plein de bonnes raisons; le réalisateur se passant bien de préciser que ledit pays compte moins de 330 000 habitants, soit moins que la ville de Tampa en Floride. Pas exactement la même échelle…

Un film à éviter, donc, à moins que vous ne votiez aux prochaines élections américaines et que vous ne vous sentiez légèrement inculte.

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