Seul sur mars

Même s’il n’est plus guère à la hauteur de son talent depuis American Gangster, on ne rate pas un nouveau Ridley Scott. Cela ne se fait pas.

Ceux qui savent à quel point j’ai été transporté par Interstellar connaissent ma passion pour tout ce qui touche à l’espace: c’est pourquoi je vais (brièvement) commencer par l’aspect scientifique. Ici la science est à la fois le cœur de l’histoire en ce qu’elle résout tous les problèmes, et une variable dont le réalisateur britannique s’affranchit un peu trop à mon goût (et ce dès la première scène !). Un excellent article de Télérama récapitule tout cela à merveille, le point qui m’a le plus posé problème étant l’absence totale de dérangement psychique pour notre héros malgré…la solitude la plus extrême jamais expérimentée par un humain.

Ne soyons pas trop durs, un film de science-fiction servant justement à se défaire de quelques détails réalistes au profit de la narration et c’est ici tout à fait le cas (même si la fin va très très loin); de plus, la plupart de ces « arrangements » sont présents dans le roman original. En revanche on s’explique moins des erreurs aussi stupides que la présence de plantes sur la planète rouge (lire ici)…

 

Oublions la science, et insistons tout de même sur le talent de monsieur Scott: le show ! On attaque directement avec l’élément perturbateur (le contraire eût été insupportable, le pitch du film étant la solitude du héros), l’humour est distillé avec justesse, l’équilibre entre le martien solitaire (comment ne pas penser à Seul au monde…) et la vie sur Terre est parfait: en bref les 2 heures 20 de film filent à toute vitesse.

Sans surprise, le casting est aux petits oignons: Matt Damon signe ce qui est probablement son meilleur rôle depuis The informant! ou même Les infiltrés; Kate Mara est sexy as hell et ça fait franchement du bien de temps en temps; Kristen Wiig s’est perdue; Sean Bean et Michael Peña sont pile là où on les adore; mon chouchou Donald Glover a un rôle un peu improbable mais on est bien content de l’avoir sur grand écran ailleurs que dans Magic Mike XXL; enfin Chiwetel Ejiofor prouve une fois de plus, si son étincelante filmographie n’y suffisait pas, qu’il mérite un vrai grand premier rôle. Pardon? Jessica Chastain ? Pas vue…

 

Est-ce que c’est du grand Ridley Scott ? Non, mais c’est un excellent divertissement.

Les fans de science peuvent-ils le voir? Oui, mais on fermant à moitié les yeux pour ne pas voir les nombreux petits arrangements avec la réalité (n’est pas Christopher Nolan qui veut !).

Est-ce un film « à voir » cette semaine? Après Mon roi, oui.

PS: on déteste la dernière séquence, complètement bateau, et la traduction française du titre (le titre original étant The Martian).

martian2015


One Comment on “Seul sur mars”

  1. […] l’a pas encore eu ?); Jeff Daniels continue avec les rôles de quinquas tout sérieux, après Seul sur mars, à des années lumières de Dumb and Dumber ou d’Arachnophobie; Michael Stuhlbarg, que […]

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