Le petit prince

Quand il s’agit d’adapter un des plus grands livres de tous les temps, il est bien normal d’être dubitatif et même inquiet. Mais la simple et pourtant brillante idée de choisir Vincent Cassel pour interpréter le renard a suffi à m’inspirer une confiance sans borne. J’ai eu bien raison.

Autant le cracher tout de suite, c’est pour moi un pur chef d’oeuvre; ni plus, ni moins. Sans aucune offense au merveilleux récit que nous connaissons tous, ce film se permet même une fin originale de grande qualité. Au même titre et d’une aussi belle manière que l’oeuvre de Saint-Exupéry, ce film d’animation vient nous rappeler l’importance de grandir sans oublier les joies et l’innocence de l’enfance. Ce qui avait 99,99% de chance de n’être qu’une ode au bonheur démago, à l’image de ma dernière phrase, s’avère être un pur moment de poésie: on assiste au même miracle que lorsqu’on relit le livre pour la première fois, une fois que l’on se sent adulte, et que ce conte prend tout son sens. Grandiose.

Cette poésie n’est évidemment pas due au hasard. Tout d’abord, les partis pris visuels jouent un rôle majeur: images de synthèse pour le monde « réel » de l’héroïne, mais surtout une bluffante animation de papiers en image par image pour le monde du prince. Bluffant est un euphémisme s’il en est: des feuilles de papier retranscrivent les expressions faciales du petit prince, le souffle du vent dans le désert, etc.

La deuxième clé du succès réside dans le casting: aussi bien dans la version américaine que française, les voix sont sacrément balèzes. Jeff Bridges, Rachel McAdams, Paul Rudd, James Franco, Benicio del Toro, Ricky Gervais et Paul Giamatti pour la première; André Dussolier dans le rôle de l’aviateur (pour un adorable vieillard émerveillé, choix parfait), Guillaume Gallienne dans le rôle du serpent, Vincent Lindon et sa voix grave pour l’ignoble homme d’affaires, et évidemment Monsieur Cassel pour l’adorable renard dans la seconde. Notons que Marion Cotillard est la seule à être présente dans les deux versions, dans le rôle ô combien important de la rose.

Même la musique originale est parfaite ! Signée Hans Zimmer et avec trois titres (terriblement entêtants) d’une magnifique voix que je détestais pourtant, Camille.

 

Vous n’imaginez pas le temps qu’il m’a fallu pour me remettre de ce film. A ma plus grande surprise, j’ai pleuré; plusieurs fois.

Il n’y aura pas selon moi de plus bel hommage à ce qui reste une des plus grandes œuvres du XXème siècle.

 

« On ne voit bien qu’avec le cœur. L’essentiel est invisible pour les yeux ». Ce film a du cœur.

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