Captain America: Le soldat de l’hiver

Trois années que nous attendions ce nouveau Captain America, a fortiori depuis la révolution Avengers qui a eu lieu entre temps dans tous nos cœurs. Alors, qu’en-est il?

Je vous dois la vérité: ce film est un gros WTF, mais c’en est un très sympa. Je m’explique.

Les scènes de "non-combat" sont un peu mollassonnes, cuculs ou juste chiantes; oui c’est un québécois (le champion de MMA Georges St-Pierre) qui joue un français/algérien/on ne sait pas vraiment en fait; oui la première apparition du Faucon fait plus rire qu’autre chose; et enfin oui, Scarlett Johansson est toujours aussi insupportable à parler comme Lana Del Rey et à tuer des méchants avec son petit postérieur.

MAIS, et c’est comme vous le voyez un gros mais: 1° Les scènes de combat sont assez géniales (notamment sur le bateau) et la scène où Nick Fury se fait attaquer est déjà culte; 2° Robert Redford est plutôt bon en méchant (je suis le premier surpris, à la fois par sa présence au casting et par sa "prestation"); 3° Les traditions de l’univers Marvel au cinéma sont respectées et ce avec brio, aussi bien le caméo de Stan Lee que la scène post-générique; 4° Et enfin, surprise pour moi et tous les fans de Community (le film étant réalisé par les frères Russo, fréquemment derrière la caméra de la série…) !

 

Ne vous attendez pas un film de la qualité d’Avengers ou d’Iron Man, le personnage est bien trop faible pour cela (en tout cas au cinéma). Mais ce deuxième opus est définitivement meilleur que le premier et apporte son lot de bonnes idées.

Et…il y en aura un troisième !

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Her

La salle est minuscule dès sa première semaine, les bande-annonces sont celles de films "d’auteurs" ou en tout cas ils ne sont pas grand public: aucun doute, nous allons bien voir un nouveau Spike Jonze. Je suis déjà acquis à la cause: un mix entre Simone d’Andrew Niccol et Two Lovers de James Gray, le tout réalisé par MONSIEUR Dans la peau de John Malkovich/Max et les Maximonstres…wow !

Pour une fois, je n’ai pas été déçu; c’était exactement ça. En sus des réflexions (fascinantes au demeurant) sur le paradoxe d’une communication croissante et d’un individualisme à son apogée ou sur les limites de l’intelligence artificielle, c’est avant tout une belle histoire de personnes, de caractères, d’introspection (les "OS" se transformant en véritables psychanalystes) et de vues sur le monde.

Accessoire mais néanmoins indispensable, l’anticipation futuriste selon Jonze est intéressante: règne de la commande vocale et de l’oreillette, projecteurs 3D et services de lettres personnalisées; l’humour, simple et efficace comme on peut l’aimer, est joliment amené. Chapeau.

Casting: besoin de peu de mots pour exprimer la qualité de la prestation de Joaquin Phoenix, un de mes acteurs préférés (ex æquo avec Russel Crowe), comparable à celles de The Master ou du Two Lovers précité; Scarlett Johansson, que je ne porte pas forcément dans mon cœur, est ici un choix vocal idéal pour le "personnage" de Samantha le système d’exploitation (sa voix suave, son rire reconnaissable entre mille…belle inspiration du réalisateur!); Rooney Mara, plus belle que jamais, est parfaitement crédible en amour perdu; enfin, et ce pour la première fois (les habitués de ce blog auront pu le remarquer), j’ai apprécié la prestation d’Amy Adams ! C’est vous dire à quel point j’ai été porté par ce film…

 

La fin est si belle…que cet article n’en mérite pas.

PS: Golden Globe et Oscar du meilleur scénario bien mérités (Hourra !).

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Wrong Cops

Voici le cinquième long métrage de Quentin Dupieux/Mr Oizo: ayant bien rigolé devant Steak et ayant adoré Wrong, j’ai tenté le coup malgré une programmation peu engageante (mini salle dès le premier jour) et une affiche de comédie bien grasse.

L’image est vieillie, curieux au début puis l’œil s’y fait…côté scénario c’est tout simplement indescriptible: c’est un patchwork (littéralement, puisque c’était à l’origine plusieurs chapitres indépendants dont l’ordre a été modifié pour le passage au long) de scènes surréalistes et/ou comiques, portées par des personnages hauts en couleur.

Le casting, justement, est excellent: Mark Burnham, inconnu complet si ce n’est pour les fans du réalisateur, est ici au sommet de sa forme en flic (encore !) véreux; notre Eric Judor national, autre muse du réalisateur mélomane, incarne ici un borgne fan d’électro (on n’invente pas un truc pareil…); Marylin Manson (oui oui le chanteur effrayant) est si méconnaissable en "ado emo" qu’il justifie à lui seul le fait de voir ce film; enfin on apprécie la présence de Jon Lajoie (un des plus hilarants trublions d’Internet) et de Jack Plotnick, génialissime héros du film Wrong de passage dans ce film !

Enfin, et comme toujours, le réalisateur signe lui-même et avec brio la bande-originale électro.

En bref un film surréaliste, délirant et chelou à souhait…du Dupieux quoi.wrong-cops-posterjack plotnick

 


Monuments Men

Cinquième long-métrage de Georges Clooney, casting en or rassemblant tous ses potes et une histoire vraie inexploitée sur la seconde mondiale: potentiellement un film culte. Vous me connaissez, je m’étais donc préparé à une énorme déception. Je ne pouvais pas imaginer que ce serait bien pire.

Dès le début ça pue le patriotisme à deux francs six sous et le cours d’histoire de l’art pour les nuls, ce sera le cas jusqu’au bout avec une fin lourdingue sur le devoir de mémoire (copié-collé de Il faut sauver le soldat Ryan, mais sans la charge émotionnelle due à ce qui la précède !: mis à part le redneck américain de base et le prof d’art, personne n’aura un seul frisson devant ce film.

Face à la "bande" de héros, impossible de ne pas penser à la saga Ocean’s: Matt Damon se fait vanner sur son français, l’excellent Hugh Bonneville meurt beaucoup trop vite (et de manière ridicule), Bill Murray m’a offert la seule émotion du film et, maigre consolation, notre Jean Dujardin national tient ici son premier "vrai" rôle hollywoodien. Tous les autres sont honteusement sous-exploités.

Enfin, Cate Blanchett (dont l’Oscar, au passage, m’a scandalisé…) joue une française, je vous laisse imaginer la crédibilité de l’accent…quand Alexandre Desplat signe ce qui est probablement la bande-originale la plus bateau de sa carrière (il était peut-être trop occupé à faire son caméo).

Une grande impression de vide ce film…on ne ressent rien, il ne se passe rien. Ce fait d’histoire, aussi incroyable qu’il a pu être, n’a pas fait un bon film. En tout cas pas cette fois.

Dommage.

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Fiston

Vous avez face à vous les mots d’un homme qui ne se reconnaît plus.

Entre une erreur de programmation (La grande aventure Lego) et une promesse faite à ma dulcinée pour ce week-end (Monuments Men), ce film était à peu près mon dernier choix…j’avais 88 minutes à perdre et, comme il le faut parfois dans la vie, je me suis dit "Et puis merde".

Dès le début, sûrement car trop désireux de confirmer mes préjugés sur un film avec Franck Dubosc ET Kev Adams, je ne voyais que: les sous-gags d’adolescents à la Norman, les clichés en pagaille sur les jeunes, l’intrigue qui s’annonçait cousue de fil blanc ou encore la réalisation à la SODA (pour les quelques personnes qui connaissent, le fameux champ/contrechamp de bas étage).

Et puis ben…je me suis fait avoir, comme un couillon. Je ne sais même pas pourquoi… Peut-être parce que c’est "super meugnon" comme histoire, peut-être parce que l’intrigue a su me surprendre parfois, peut-être parce que cela m’a un peu fait rêver cette vie d’étudiant dans le sud (surtout parce qu’il conduit une sublime Alfa Romeo Spider…).

C’est bien cela en fait, je m’en tape des acteurs (même si la petite Nora Arnezeder n’est pas "dégueulasse" !) et des personnages: c’est leur vie de mécanique, d’insouciance et de pastis qui m’a rappelé le pays de mon enfance et m’a un peu fait sortir de cette satanée capitale et de ses p****** de pics de pollution.

 

Alors voilà: ce n’est pas un grand film, c’est à peine un film, mais il vous aère la tête dans le bon sens du terme (il en a un).

A voir donc, mais après avoir vu TOUS les autres films qui vous tentent en ce moment.

PS: en revanche pour l’affiche je ne peux rien faire.

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300: La naissance d’un empire

Fan absolu du comic de Frank Miller ET de Zack Snyder (bien qu’il ne soit pas derrière la caméra pour ce deuxième volet), ce qui est maintenant la "saga 300" ne me laisse pas indifférent. On peut même parler d’un plaisir physique. C’est pourquoi j’avais peur: peur d’une suite bâclée, dictée par le succès du premier et sans aucun respect pour l’oeuvre originale de Miller.

Dieu que j’avais tort. Non seulement tout est conforme, aussi bien graphiquement que dans le récit, mais le genre (oui, c’est un genre à part) se trouve renouvelé. Là où le premier film était une bataille divisée en vagues, celui-ci est une succession de batailles distinctes beaucoup plus élaborées: principalement navales, les grecs y démontrent tout leur art de la stratégie face à des perses…toujours aussi idiots, mais toujours aussi nombreux. Ce nouvel opus dépeint les événements précédents, concomitants et postérieurs à la bataille des Thermopyles qui sert de récit au premier (nous ne reviendrons pas sur les controverses historico-philosophiques, ceci est une saga fantastique et non un peplum).

Côté combats, on retrouve notamment la violence crue et la glorification individuelle (en bref tous les éléments des films de guerre antique depuis ce que j’appelle "l’ère Gladiator") qui nous donnent tous envie de nous friter à la sortie; côté réalisation on retrouve ce doux mélange de comics animé et de film, paysages magnifiques et giclées de sang bien foncé à gogo. Par ailleurs, et encore plus dans ce nouveau film, le recours aux ralentis et à la vue arrière à la troisième personne font inévitablement penser aux jeux-vidéos (God of war ?).

Toujours en suivant la recette du premier, on retrouve une scène de sexe cru (l’interdiction aux moins de 12 ans étant d’ailleurs assez light, sans faire mon vieux rabat-joie): seulement ici c’est une actrice de premier rang (plutôt de second selon moi mais bon), Eva Green. Messieurs, vous vous en souviendrez croyez-moi (après tout, sa mère est la plus belle femme de tous les temps…).

Les acteurs, tous remplaçables sans exception, ne sont pas la matière de ce film tourné sur fond vert ou bleu. Donc n’en parlons-pas, tout simplement !

 

Alors oui, on peut choisir d’y voir un gros nanar pour boutonneux…ça l’est sûrement.

Mais moi j’adore voir des mecs à poil s’entre-tuer (aucune mauvaise interprétation ne sera permise) pour défendre la "démocratie", et ça tombe bien parce que la fin laisse peu de doute sur l’éventualité d’une suite…

Mouahah.

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The Grand Budapest Hotel

C’est bien simple: quelle que soit la forme (même un court-métrage), chacune des œuvres de Wes Anderson depuis La famille Tenenbaum est une merveille. Contes oniriques, comiques, haletants, ultra stylisés, ultra lookés, brillamment réalisés. Et bien ce film est conforme.

L’histoire, loufoque et pleine de rebondissements, est plus que suffisante; mais ce sont avant tout les personnages qui font la valeur ajoutée de ce film, à l’image de nos deux héros interprétés par un Ralph Fiennes au sommet en concierge maniéré et le jeune et talentueux Tony Revolori (définitivement à surveiller !). Comme toujours les couleurs, décors et costumes, sont très soignées pour s’aligner à la "forme" Anderson: chaudes, pastels, à l’image par exemple du génial Fantastic Mr Fox.

Sur le plan "technique" le film, comme le laissait supposer la bande-annonce, est tourné en trois formats inhabituels d’image (1.33, 1.85, and 2.35:1) identifiant respectivement chacune des époques mises en abyme par la narration. Brilliant !

Revenons sur la force de ce film, où le casting est tellement fourni (cf  l’affiche) qu’un "petit" rôle comme celui du copain de cellule est confié au géant Harvey Keitel (culte): F. Murray Abraham, Mathieu Amalric (le frenchy a définitivement la côte aux states !), Adrien Brody (qui tient enfin un vrai rôle de méchant !), Willem Dafoe (exceptionnel en homme de main aux crocs acérés), Jeff Goldblum, Jude Law, Bill Murray (peu présent, pour une fois…), Edward Norton, Saoirse Ronan (encore peu connue mais très mignonne), Jason Schwartzman, Tilda Swinton (que l’on reconnaît malgré un maquillage assez bluffant), Owen Wilson, et enfin Léa Seydoux (pour un tout tout petit rôle).

Enfin, tâchons de rendre hommage à la bande originale EXCEPTIONNELLE signée Alexandre Desplat (un français, bien-sûr…) et qui vient s’ajouter à une liste de plus de 80 films, 3 Césars, un Grammy, un Golden Globe, etc…

 

A n’en pas douter, ce film est encore une pépite comme seul ce réalisateur sait en faire: il vous divertit et vous fait rêver en toute légèreté, comme si de rien n’était, alors qu’il deviendra à n’en pas douter un classique !

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