American Nightmare 2: Anarchy

Voici déjà, pile un an après, la suite de American Nightmare (The Purge): ce-dernier était loin d’être mauvais, fort d’un concept frais (ce qui est si rare) et bien abouti. Le postulat de base, c’est "La Purge": pour s’extirper d’une vague de violence devenue incontrôlable, les États-Unis se dotent d’une nuit par an où les crimes sont "autorisés"/non réprimés. Ainsi, le premier opus se concentrait sur un groupe de personne barricadé dans une seule maison…ladite maison subissant un certain nombres d’assauts.

Dans ce nouvel opus, nous suivons une bande d’individus qui sont restés "dehors" contre leur gré et qui vont devoir survivre à cette longue nuit…heureusement ils seront aidés par un sacré beau gosse qui, lui, a ses raisons de n’être pas resté sous la couette.

Le cœur de l’action étant mouvant (dans la rue, caméra à l’épaule notamment), c’est une palette beaucoup plus large de situation qu’offre ce film et il en résulte qu’il…est mille fois mieux que le premier! La tension ne retombe jamais, le spectateur vit cette nuit avec les protagonistes: c’est, en toute honnêteté, un bon film putain !

Ce film est indéniablement plus abouti: le côté humain y joue un rôle prépondérant, et par conséquent il n’y a pas/plus à chercher bien loin pour y voir plus qu’un film violent (critique par l’absurde d’une société inégalitaire et violente en général, ou plus particulièrement de l’hypocrisie de la position américaine face aux armes à feu, etc).

Mais accrochez-vous bien, ce n’est pas tout, le casting est aussi meilleur: là où dans le premier l’acteur qui crevait l’écran n’était pas connu (Rhys Wakefield, Ethan Hawke étant assez inexistant), c’est ici l’excellent Frank Grillo (Minority Report, Warrior, End of watch,Gangster Squad, Captain America 2, etc) qui tient le rôle principal. Il méritait depuis longtemps un premier rôle à sa hauteur, je vous le garantis ! Si en plus je vous dis que l’excellent Michael K. Williams (The Wire, Community, Twelve Years A Slave) tient un (trop) petit rôle…

 

Enfin, le climax est tout simplement hallucinant…et il est suivi d’une fin complètement satisfaisante. Foncez le voir !

PS: seul bémol, comme trop souvent au cinéma, les échanges de coups de feu sont d’un irréalisme sans borne…

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Fastlife

Deuxième film réalisé par l’humoriste Thomas N’Gijol, mais cette fois-ci seul (il avait en effet seulement co-réalisé le très bon Case Départ), c’est l’histoire d’un coureur franco-camerounais devenu un gros looser après une gloire éphémère. Sa femme le quitte, ses potes le lâchent, il doit remonter au top, bla bla bla…

N’Gijol est un bon humoriste, cela ne fait aucun doute, mais écrire des scénarios (sans Fabrice Eboué en tout cas) n’est pas son fort: un enfant de huit ans un peu cinéphile aurait pu le faire. Aimant son humour, j’ai souri une ou deux fois…mais pas plus.

Côté casting: Karole Rocher, femme du réalisateur, semble toujours jouer le même rôle de matrone responsable et un peu beauf (dommage, elle dispose d’un certain charme…); l’excellent Julien Boisselier ne peut relever ce film qui ne saurait lui convenir; Olivier Marchal offre lui un rôle caricatural, certes, mais assumé et donc plutôt amusant; Fabrice Eboué enfin, l’éternel acolyte de N’Gijol, fait un caméo réussi qui m’a volé un sourire.

Seule bonne surprise, la fin: un contre-pied bien bienvenu après 91 minutes cousues de fil blanc (juste pour l’exemple: le retour aux sources, le training montage à la Ali, etc).

 

Je ne dirai pas une déception car je n’en attendais rien; à tenter pour les pass illimités et à ne surtout pas payer/acheter en dvd.

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La Planète des singes: L’affrontement

En raison d’un virus soit-disant colporté par les singes, l’humanité a (encore et toujours, c’est le meilleur filon) connu une apocalypse…mais certains ont survécu. Quelques années plus tard, la rencontre inopinée entre ces derniers humains et les singes tout-puissants va briser l’équilibre des choses.

Commençons par dire que ce film, encore plus que le premier de la "nouvelle" saga (La Planète des singes: Les origines), s’éloigne des aspirations anthropo-philosophiques que pouvaient revêtir les films des années 60/70 et a fortiori l’œuvre de Pierre Boulle. Mais c’est un parti pris, celui de faire un blockbuster disons…pas trop ou un peu moins débile que les autres.

Le truc c’est que c’en est un excellent ! Les luttes de pouvoir, aussi bien entre humains qu’entre singes, sont fascinantes et les scènes d’action sont de très bonne facture. Ajoutez à cela une qualité visuelle irréprochable, tant pour les singes (bien que le "choc" visuel ait déjà eu lieu dans le premier opus, avec les débuts de César) que pour un San Francisco à l’abandon.

Côté casting, c’est plus que satisfaisant: Jason Clarke, un de ces acteurs omniprésents (Public Ennemies, Zero Dark Thirty, Gatsby le magnifique, etc) mais voués à l’anonymat auprès du plus grand nombre, assure une solide prestation en tant que personnage humain principal; Gary Oldman est impeccable, dans un rôle malheureusement un peu classique; Andy Serkis demeure ce magicien de l’ombre, prêtant une nouvelle fois ses traits au héros César le singe.

Et c’est bien ce-dernier qui fait toute la qualité de cette nouvelle saga: personnage à la croisée des deux espèces, complexe, et désormais chef de famille et leader de sa "race"…

 

Mais Hollywood ne saurait en rester là…et je dois malheureusement vous annoncer qu’une suite est d’ores et déjà prévue pour 2016, et que la fin de ce film en annonce la couleur: cela risque fort d’être décevant.

Mais bon, en attendant, voyez déjà celui-ci.

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Transformers: L’âge de l’extinction

Après un début de vacances bien méritées (loin de mon Gaumont Parnasse, tu parles de vacances !), me voici de retour et de la plus belle des manières: ma saga "blockbusterique" préférée, Transformers.

Je suis seul dans la salle climatisée à souhait, le film commence; je découvre, comme c’est toujours le cas dans ces films, un bon petit beauf texan dans son camion. Sauf que cette fois ce n’est pas un Shia post-pubère mais Mark Wahlberg ! On le savait mais ça fait quand même bizarre, en tout cas à ceux qui ont revu douze fois les trois premiers opus (anyone ?).

C’est le père ultra protecteur, c’est d’ailleurs l’une des deux seules sources de blagues du film, d’une "chagasse" de 17 ans interprétée par Nicola Peltz (19 ans). Bien qu’elle dispose d’un physique tout à fait correct (!), c’est tout de même dans la continuité de la baisse de qualité observée depuis le début de la saga: Megan Fox, puis Rosie Huntington-Whiteley, puis "ça"… en même temps en partant de Megan Fox…bref.

Côté casting: Stanley Tucci remplace John Turturro dans le rôle du gars un peu perdu mais marrant, et le fait plutôt pas mal; Jack Reynor est absolument transparent dans le rôle du petit-ami de la chagasse susnommée; enfin le grand Mark Wahlberg, encore lui, assure juste comme il faut dans ce rôle tout de même très stéréotypé et à vrai dire complètement impossible à "faire briller".

Parlons maintenant de ce qui compte vraiment dans ce film: tout le reste ! Il y a des explosions à gogo, des bastons de robots en veux-tu en voilà, des course-poursuites en voiture et en tous types de vaisseaux aliens, du placement de produit dans tous les sens (véhicules, normal dans un Transformers, mais aussi bières, camions publicitaires et même une Beats Pill sortie de nulle part), une apparition de KassemG (pour ceux qui connaissent, un "youtubeur" américain), une scène de drift à la Ken Block, un nouveau méchant (Lockdown) juste hallucinant se transformant en Lamborghini Aventador…et en guise d’apothéose, et non des moindres, des Transformers dinosaures (oui oui) dont un T-rex.

Que rajouter à ça? Ah, si: il y aura encore une suite.

Yes !

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Albert à l’ouest

Malgré un titre à deux francs (comment passe-t-on de A million ways to die in the West à ça ?!) et mon appréciation fortement limitée de sa dernière réalisation (Ted), je suis allé voir ce film coproduit/coécrit/réalisé/et avec Seth MacFarlane.

Et malgré tout cela, un gros a priori négatif, j’ai tout de même été très déçu: que de vannes lourdes et répétitives, un humour pipi/caca de maternelle… Un film basique c’est un concept et un scénario (et parfois un bon casting en bonus): le concept (détournement comique du genre western) est usé et le scénario est absent.

Le casting était pourtant prometteur: Charlize Theron et Liam Neeson dans une comédie, Neil Patrick Harris, Wes Studi… Et au final je ne sauverais que la prestation de Giovanni Ribisi, excellent, ainsi que les caméos d’Ewan McGregor (lire cet article), de Ryan Reynolds,  et de XXX (surprise ! Sauf sur Wikipédia…) juste avant le générique de fin.
A part ça j’ai dû sourire deux fois: la scène surprise en lien avec une saga culte, l’allusion de NPH à la série qui l’a rendu célèbre, et peut-être le coup des photos sans sourire (vous comprendrez).

 

Je conclurai en m’auto-plagiant: ce film est une perte de temps à moins d’être sous l’influence d’une drogue douce qui fait rigoler.

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Zero Theorem [Double Dose]

Terry Gilliam, ce génie, réalisateur de Brazil/The Fisher King/L’armée des douze singes…mais aussi de Les frères Grimm et Las Vegas Parano. Ce Zero Theorem est malheureusement plutôt de la trempe du dernier, un délire psychédélique dont on aurait préféré qu’il reste dans la tête du britannique.

Je n’essaierai même pas de résumer l’histoire, elle est bien trop bordélique…je dirais seulement que j’étais à deux doigts de quitter la salle, ce qui ne m’est pas arrivé depuis Cosmopolis, avant d’être happé par le corps dénudé de Mélanie Thierry.

Côté casting on se demande comment tout ce beau monde se retrouve dans cette galère: Christoph Waltz est complètement déjanté, Tilda Swinton semble recycler son rôle de binoclarde dans SnowpiercerDavid Thewlis est excellent comme toujours (mais en vain), Matt Damon assume le rôle du méchant Big brother dont les premières apparitions ont donné lieu à mes deux sourires du film (sûrement essaye-t-il de redorer sa caution "films artys"), et enfin Ben Whishaw et Peter Stormare jouent deux petits rôles de médecins loufoques (inutiles). Mélanie Thierry, que je n’ai jamais pu encadrer, passe une fois de plus le plus clair de son temps nue ou peu vêtue…ce qui a finalement (presque) sauvé cette heure quarante sept de ma vie.

Passons sur les fondus fantasmagoriques à la Terrence Malick (ici un trou noir, wow…) et le placement de produits (qui veut d’un futur où tout le monde roule en Twizy ???!), et concluons en disant que ce film est à voir dans le même état que celui du réalisateur au moment où l’idée a germé dans son esprit: c’est-à-dire fort probablement sous acide.

 

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Le réalisateur de Brazil et des Monthy Python est tombé bien bas. Une nouvelle fois Alexandre a choisi le film, et ce fut encore un mauvais choix. Ayant déjà peu aimé Les Frères Grimm ou L’imaginarium du Docteur Parnassus, j’étais très inquiet et les dix premières minutes du film m’ont donné raison.

Le vrai problème du film vient du fait que c’est un délire du réalisateur, il a sa vision et probablement son raisonnement, mais ils ne sont pas accessibles pour le spectateur et donc on s’ennuie. En effet, malgré un casting des plus prestigieux ( Christoph Waltz, Matt Damon, David Thewlis, le professeur Lupin des Harry Potter), l’histoire ne décolle jamais vraiment et on reste dans une ambiance psychédélique et des scènes plus inutiles et compliquées les unes que les autres. La fin du film est aussi incompréhensible que le début et laisse un réel goût d’agacement, celui d’avoir perdu 1h47.

Pour conclure, c’est très mauvais car beaucoup trop personnel au réalisateur, à la manière d’un Only God Forgives, certaines idées doivent rester dans la tête de leurs créateurs il me semble… La seule bonne surprise est le jeune acteur Lucas Hedges qui est très bon et participe aux seules scènes sympathiques du film. Peut être étant encore très jeune arrive t-il à suivre l’idée de Terry Gilliam mais c’est bien le seul car Waltz ne m’a pas impressionné et Mélanie Thierry est là pour tenter de percer à Hollywood en se montrant presque nue à chaque scène et en surjouant.

Bonne journée à tous et allez voir autre chose si vous pouvez!


Jersey Boys

Je ne suis pas un grand fan des comédies musicales: m’attendant à un Glee version années 50, j’allais voir ce dernier Clint Eastwood à reculons et ce malgré le succès du musical originel.

Mais, idiot que je suis, je n’avais pas bien fait mes devoirs ! J’aurais dû savoir que ce film est en fait le biopic d’un groupe de légende…Frankie Valli and the Four Seasons ! Mais si: Big girls don’t cry (pour les fans de Dirty Dancing notamment !), Walk like a man, What a night (CloClo puis Yannick ne s’y sont pas trompés…), Can’t take my eyes off of you, Beggin… La belle époque.

Et ce film, pourtant d’un genre inexploré par le maître Eastwood (Dave Brubeck: In His Own Sweet Way étant un documentaire), est un sacrément bon biopic ! Il en a le schéma habituel: les débuts difficiles (ici en tant qu’apprentis gangsters de la mafia de New Jersey), les premiers succès, la gloire, puis la chute, et enfin le come-back. Toujours le même schéma, car les vies d’artistes sont comme ça en vrai finalement…

Les personnages principaux sont tout simplement incroyables, notamment deux d’entre eux: John Lloyd Young, interprétant Frankie, réussit idéalement la transition au grand écran (il était déjà dans le musical, pour lequel il a remporté tous les prix de la planète) en étant impeccable dan son jeu et en chantant avec cette voix nasillarde si particulière qu’était celle de Valli (la ressemblance est bluffante !); le deuxième n’est pas une surprise puisque c’est Vincent Piazza, habitué des rôles de petits mafieux (Les Sopranos, Boardwalk Empire), qui interprète à merveille le vilain petit canard du groupe.

Ajoutez à cela Christopher Walken en parrain de la mafia (il se fait vieux…), une apparition du futur Joe Pesci, des scènes de narration face caméra (House of Cards est passé par là, je vous le dis !), des blagues anachroniques (notamment sur Liberace, hilarante), et des chansons entraînantes qui ne prendront jamais une ride….vous obtenez un très bon film, ovni dans la filmographie du réalisateur Eastwood qui prouve ainsi qu’il sait définitivement tout faire.

PS: ne ratez pas le générique de fin !

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