Enemy

Les films mauvais, tant qu’ils l’assument (ce que j’appelle souvent les nanars), ne me dérangent pas; en revanche les mauvais films qui se donnent des airs de chef d’oeuvre: j’ai plus de mal. J’ai découvert malgré moi que ce film de Denis Villeneuve rentre dans la deuxième catégorie.

Le pitch était pourtant aussi banal que prometteur (bien que déjà visité, voir The Double): un homme rencontre par hasard son sosie parfait (l’un est confiant, l’autre replié sur lui-même, comme d’habitude !), il commence à enquêter et sa vie part en sucette.

La première scène est un énorme What the fuck qui aura des échos tout au long du film via des flashs, et en formera même la dernière image. Le reste du temps, c’est-à-dire quand on pige plus ou moins ce qu’il se passe, on s’ennuie à mourir: 85% de la matière de ce film est composé de longueurs inutiles, ce qui est assez problématique sur seulement (dieu merci) une heure et demie. 10% pour les flashs chelous susmentionnés, et enfin 5% pour deux scènes qui vous réveillent un peu (la rencontre et l’échange).

Ce film est l’exact opposé du précédent de Villeneuve, l’excellentissime Prisoners: ce-dernier vous prenait aux tripes avec une violence crue, sans aucun artifice; Enemy est prétentieux, se voulant intriguant avec ses délires psychédéliques et sa musique oppressante.

Côté casting: Jake Gyllenhaal, que j’ai plusieurs fois adoré (Donnie Darko, Jarhead, End of Watch, etc), livre une performance honnête mais devrait mieux choisir ses scénarios; j’ai redécouvert avec bonheur la ravissante Sarah Gadon, décidément abonnée aux films zarbis et prétentieux (Antiviral, Cosmopolis, Maps to the stars); Mélanie Laurent, enfin, est assez inexistante.

 

J’ai presque aimé la fin, avant que la dernière image vienne tout ruiner; de toute façon, même une excellente fin et Mélanie Laurent à poil (ah oui voilà, je ne me souviens que de ça) ne pouvaient rattraper un tel ennui.

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Expendables 3

Ce qu’on adore dans les films Expendables, c’est voir des (anciennes) gloires des films d’action canarder et galoper dans tous les sens comme des jouvenceaux. C’est bel et bien ce que l’on nous sert dès la première seconde de ce film, à base de course-poursuite hélico/train blindé (normal) et d’exfiltration d’un pote prisonnier (Wesley Snipes, qui rejoint le casting !). Idem juste après lors d’une autre scène qui finit mal. On adore, on s’installe dans son fauteuil alors qu’il reste en gros une heure et demie.

Quand, soudain, Sylvester envoie paître ses petits copains pour les remplacer par des petits jeunes inconnus aux bataillons (sauf Kellan Lutz, superstar de Twilight et de l’immonde La légende d’Hercule) et au charisme d’huitres (il y même une fille, championne d’UFC…) ! Ah ben non quoi, on s’est fait entuber…

Mais non, ouf ! Les vieux schnocks reviennent…pour notre plus grand bonheur: Jason Statham, Jet Li, Dolph Lundgren, Randy Couture et Terry Crews !

En bref vous retrouverez tous les ingrédients indispensables de la saga: Terry Crews qui défonce tout avec sa sulfateuse qu’il tient toujours à une main, des combats improbables et des cascades irréalistes, et bien sûr le combat final de Stallone contre le méchant…qui s’achève sur une punchline dont seul Sly a le secret (souvenez-vous du "Rest in pieces" !).

Mais en plus, dans cet opus, vous avez: Mel Gibson absolument impeccable en méchant, Harrison Ford qui vient à la rescousse malgré un sacré coup de vieux, Schwarzy fidèle au poste, et (malheureusement) Antonio Banderas qui fait office de piètre caution humoristique.

 

 

Beaucoup de testostérone et de douilles fumantes, encore plus de barres de rire: la saga tient bon. Espérons seulement que les petits jeunes ne vont pas prendre la relève dans d’éventuels futurs opus (ce que la fin peut laisser présumer).

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Hercule

Je ne m’attendais certainement pas à un bon film, mais je m’attendais encore moins à être surpris. Et pourtant je l’ai été. Je m’attendais à une succession de gros combats contres des bestioles bourrées d’effets spéciaux, en suivant par exemple les 12 travaux (que l’on évoque en fait rapidement au début), et ce ne fut pas du tout cela ! Il y a non seulement un scénario, mais même un plot twist complètement inattendu !

Les scènes de combat, où The Rock envoie valser des mecs à 100m dans un bruit sourd, sont assez nombreuses…mais ce n’est pas tout : Hercule a en fait des petits camarades qui apportent chacun leur style de combat, diversifiant les scènes. Enfin, le film retraçant (librement, c’est un comic à l’origine) les guerres thraces, il y même une scène de combat "géante" très sympa.

Côté casting: ce bon vieux Dwayne Johnson a perdu (un peu) de son énorme masse musculaire, mais a gagné des cheveux longs assez hideux; Rufus Sewell nous offre la quasi-intégralité de l’humour dans ce film qui en mériterait un peu plus; John Hurt, immense acteur, s’est une nouvelle fois (Hellboy, Ultramarine, Les immortels) perdu dans un blockbuster qui ne le mérite pas; enfin le premier rôle féminin est interprété par une norvégienne, Ingrid Bolsø Berdal, qui est un mix bluffant entre Nicole Kidman et Kristen Stewart !

Bien sûr je ne dirai pas que c’est un bon film, mais j’ai été si surpris…j’ai adoré qu’un tel film de bourrin avec The Rock prenne le parti de faire d’Hercule un mercenaire dont les 12 travaux ne sont que des mythes "exagérés" pour se faire plus de pognon !

Cerise sur le gâteau, la 3D est presque acceptable…

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The Salvation

Un western européen avec un casting à l’américaine, dont le titre n’a pas été traduit (Alléluia !), et en plus Mads Mikkelsen en héros ? J’achète direct.

C’est un bon vrai western violent, avec tout ce qu’il faut de fusillades et de poursuites à cheval, le tout sur fond de drame à la Gladiator (le héros qui perd sa famille, jure de se venger, etc). Alors oui c’est un peu cousu de fil blanc, on sait qui va gagner et comment, mais qu’est-ce que c’est bon ! Ce film prend son temps, le réalisme a clairement été un souci, la musique respecte le genre et enfin  la photographie est magnifique.

Côté casting: Mikkelsen est tout bonnement parfait, sa gueule unique fait le job à elle toute seule (comment oublier Le Chiffre…); Jeffrey Dean Morgan fait un excellent méchant détestable à souhait (Comedian, I love you); Eva Green ne m’a trop énervée pour une fois, les scénaristes ayant eu l’excellente idée d’en faire une muette; le frère du héros est brillamment interprété par Mikael Persbrandt, suédois méconnu (plus pour longtemps); enfin, Jonathan Pryce se fait bien dérouiller la gueule et notre Cantona national hérite d’un rôle bien maigrichon, dommage.

En bref, une production de très bonne qualité.

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The Salvation, un western réalisé par un danois et dont les personnages sont incarnés par des européens (Eva Green, Eric Cantona, Mikael Persbrandt et surtout Mads Mikkelsen). Et si c’est formule était celle qu’il fallait pour enfin voir un bon western depuis Open Range de et avec Kevin Costner ?

Le réalisateur est un amoureux du genre et cela se ressent: par la caméra posée, la lenteur des plans et surtout le soin apporté aux personnages. Ici ils sont froids, les émotions ressortent rarement à part pour déchainer la violence. Contrairement aux westerns hollywoodiens récents (3h10 pour Yuma, Appaloosa ou encore Jonah Hex), le réalisateur opte pour le réalisme des affrontements mais aussi des relations et des décisions prises par les personnages. Surtout, le réalisateur parvient toujours à créer une tension dans les scènes les plus importantes, notamment la scène de 10 minutes (dans la diligence) au début du film.

Finalement, le film n’est pas forcément original, un scénario à la Gladiator sous certains aspects, mais il est efficace grâce à ses trois acteurs principaux (Mads Mikkelsen, Jeffrey Dean Morgan et surtout la surprise Mikael Persbrandt dans le rôle du frère.)

C’est un bel hommage aux films de Sergio Leone mais il faut aimer ce genre en voie de disparition pour apprécier ce film à la fois frais et old school.

 

Note du blogueur hôte: la double référence à Gladiator est un hasard total, ou pas si l’on considère que nous avons les mêmes vidéothèques !


22 Jump Street

Deux ans après le premier reboot de la série culte, 21 Jump Street, nos deux compères traversent la rue et vont…à l’université !

Il n’y a en vérité rien d’autre à dire sur ce film si ce n’est que l’on sourit du début à la fin, et l’on a pas mal de fous rires. Tout cela est dû aussi bien à l’aspect basique mais terriblement efficace des mécanismes comiques (un intelligent et un débile, un grand musclé et un petit gros, etc) qu’à la complicité apparente entre Channing Tatum et Jonah Hill.

Les rôles secondaires sont également de très bons choix: Ice Cube est tout simplement hilarant, et offre notamment (au restaurant) une des meilleures scènes; Nick Offerman, dont tous les fans de Parks and Recreation comme votre serviteur sont éperdument amoureux, se contente malheureusement d’un petit rôle; enfin, le rôle féminin "sexy" est assuré par la très bien choisie Amber Stevens.

Il faut aller voir ce film pour: la désormais traditionnelle scène de trip hallucinogène, des courses-poursuites improbables, des tonnes d’allusions culturelles (notamment relatives aux filmographies des acteurs), une apparition à mourir de rire de Seth Rogen, l’improvisation la plus improbable de tous les temps, le meilleur générique de fin de comédie de tous les temps, et j’en passe. Ouais, rien que ça.

 

Une bonne grosse barre de rire qui fait mal aux abdos. On adore.

PS: Apparemment Brad Pitt fait une apparition dans le film…personnellement, je l’ai ratée !

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Le rôle de ma vie

Ce film est un film simple comme je les aime…il n’a pas bénéficié d’une promo multisupports (j’ai bien failli passer à côté, merci Julien !), il n’a pas un scénario hors du commun, ni des acteurs oscarisés. Et pourtant c’est un petit bijou, un film simple pour des gens simples. J’adore.

Zach Braff, connu principalement pour sa participation à la série Scrubs, est aussi un réalisateur de talent si l’on en croit le succès critique et commercial de son premier film Garden State (que je file voir de ce pas)…talent confirmé ici.

L’histoire est tout simplement celle d’un père de famille paumé qui remet sa vie en question, un homme drôle et touchant qui fait face à une période difficile. On s’y attache à la vitesse de la lumière, et l’on est presque triste de le quitter après seulement deux petites heures.

La famille est composée d’un casting aux petits oignons: Zach Braff lui-même dans le rôle du père, Kate Hudson en maman sexy (Rrrrrr), la jeune et talentueuse Joey King (Crazy Stupid Love, The Dark Knight Rises, Conjuring les dossiers Warren) joue la fille aînée quand l’hilarant Pierce Gagnon (neuf ans !) joue son petit frère. A noter, les sympathiques apparitions/participations de Leslie David Baker (fans de The Office…) et Jim Parsons (Sheldon !).

 

Les gamins sont géniaux, la mère est sublime, et le père a beau être un loser aux yeux de la société…tout le monde a rêvé d’un père comme ça !

A voir absolument, un film qui fait du bien.

PS: le titre original est "Wish I was here"; que s’est-il passé ?

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Les gardiens de la galaxie

Seules des (bonnes) vacances peuvent me faire rater la sortie d’un comic-movie…c’est donc en retard, toutes mes excuses, que j’ai pu voir le dernier né de la famille Marvel.

Ce film, le premier Marvel non centré sur un des Avengers, narre la rencontre et les débuts d’une bande de justiciers de l’espace réunis par le destin et complètement déjantés. Ils sont la seule richesse de ce film, car le scénario est en soi d’une banalité affligeante (des méchants destructeurs de planètes veulent s’emparer d’une énième arme suprême): un humain courageux interprété par Chris Pratt, un arbre exceptionnel (le seul à avoir des pouvoirs) qui vaut à lui seul le déplacement, un raton-laveur parlant et fou de la gâchette, une grosse brutasse à la peau nervée de symboles rouges, et enfin une fille en vert (ouais, c’est tout).

Le casting est aussi surprenant que bon: Chris Pratt, acteur de seconds rôles dans de très bons films et accessoirement débile notoire de l’excellente série Parks and Recreation, assure comme il se doit; Dave Bautista, ex-catcheur habitué aux rôles de grosses brutes, interprète sans surprise le rôle de Drax le Destructeur; Zoe Saldana, que je suis loin de porter dans mon cœur, a hérité du rôle de la meuf (relativement) bien foutue et qui ne sert à rien du tout; enfin les voix des deux personnages les plus attachants sont celles de Bradley Cooper et Vin Diesel (qui a doublé l’arbre Groot en cinq langues !). Note: Glenn Close, pourquoi ?!

La soundtrack est comme souvent basée à 100% sur des tubes indémodables des années 80, et le score du génie Tyler Bates (Watchmen, pour ne citer que le meilleur) est efficace: nickel.

Mais ce que vous venez chercher en priorité mes loulous, c’est de la bonne grosse scène d’action et de l’humour non stop…la recette Marvel quoi ! Et bien vous ne serez pas déçus: malgré un nombre incalculable de spoils dans la bande-annonce. A noter pour les fans: le Collectionneur apparaît enfin dans ce film, avec toute sa collection et autant de clins d’œil à l’univers Marvel.

 

Avant même que ce film soit un succès confirmé, une suite était déjà annoncée (comme en atteste le message de fin): Alléluia !

PS: la traditionnelle scène post-crédits (ici, TRES longs) est cette fois aussi courte qu’elle est "WTF". Vous n’apprendrez rien sur l’univers Marvel, vous aurez juste un sourire !

Stunning GUARDIANS OF THE GALAXY Poster Art by Paul Shipper